Grève des médecins, pharmaciens, infirmiers: Les blouses blanches se liguent contre la loi santé

MOBILISATION Ils sont appelés à fermer leur cabinet ce vendredi 13 novembre

20 Minutes avec AFP

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Le Sénat, à majorité de droite, a rejeté vendredi le tiers payant généralisé, une mesure phare du projet de loi santé vivement critiquée par les médecins
Le Sénat, à majorité de droite, a rejeté vendredi le tiers payant généralisé, une mesure phare du projet de loi santé vivement critiquée par les médecins — Philippe Huguen AFP

Pour ce « Black friday », pas de soldes, mais une grève des soins. Médecins, dentistes ou encore infirmiers libéraux sont invités à fermer leurs cabinets à partir de vendredi, une énième charge contre le projet de loi santé et le tiers payant généralisé.

L’ensemble des syndicats de médecins libéraux (CSMF, MG France, FMF, SML, Bloc) ont fait front commun avant le retour lundi du projet de loi de la ministre de la Santé Marisol Touraine à l’Assemblée nationale, où il sera examiné en deuxième lecture. Rejoints depuis par SOS Médecins et d’autres professions, ils bénéficient aussi du soutien de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), elle aussi remontée contre un texte accusé de « menacer l’exercice libéral ».

« Toutes les dispositions nécessaires » pour soigner les malades

« Cette unité médicale était importante, elle est demandée par la base depuis plus d’un an », se réjouit Eric Henry, président du SML. Conséquence de la mobilisation des chirurgiens, des opérations seront déprogrammées dans les établissements privés, tandis que les urgences pourront être transférées vers l’hôpital public. Des grèves des gardes sont également à prévoir ce week-end et au-delà.

« Le mouvement du 13 sera extrêmement suivi », promet Jean-Paul Ortiz, le président de la CSMF, avec des villes ou régions plus touchées que d’autres. « Toutes les dispositions nécessaires » ont été prises « pour que chaque patient puisse être pris en charge dans de bonnes conditions », assure de son côté le ministère de la Santé, les agences régionales de santé pouvant réquisitionner des praticiens.

La généralisation du tiers payant toujours dans le viseur des professionnels

Pas assez pour rassurer la Fédération hospitalière de France (FHF), inquiète pour les hôpitaux publics, « laissés seuls » face « aux besoins de santé des Français » quand « certains feront fi de leurs obligations ». Des rassemblements ou des opérations escargot seront organisés à Paris et en région, avant une manifestation lundi à proximité de l’Assemblée nationale.

Les instances les plus radicales, comme le Bloc ou l’association UFML, qui coordonne localement des organisations de médecins sans étiquette, appellent d’ores et déjà à un arrêt d’activité « de plusieurs jours ». Objectif, montrer « ce qui se passera demain » si la loi s’applique. Et surtout torpiller sa mesure phare, la généralisation du tiers payant à tous les assurés d’ici à 2017.

Calvaire administratif et impayés

Grâce à elle, les patients n’auront plus à avancer les frais lors d’une consultation chez le médecin, directement remboursé par l’assurance maladie et les mutuelles. Mais pour les syndicats, aucun doute : le dispositif sera inapplicable et inappliqué. Favorables à un « tiers pays social » pour les plus modestes (bénéficiaires de la CMU-C ou de l’aide à la complémentaire santé), ils refusent son extension à l’ensemble de la population, synonyme selon eux de calvaire administratif et d’impayés.