Les députés repoussent la hausse du prix des sodas

SUCRES Une augmentation de 0,5 centime du prix des sodas est jugée « très inopportune » dans la mesure où elle se répercute sur le consommateur…

Romain Scotto
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Le Conseil constitutionnel a validé mercredi l'essentiel de deux lois de finances objets d'un recours des parlementaires PS, notamment les mesures emblématiques comme la création d'une taxe sur les sodas, dans le budget 2012, et la TVA à 7% dans le dernier budget rectificatif 2011.
Le Conseil constitutionnel a validé mercredi l'essentiel de deux lois de finances objets d'un recours des parlementaires PS, notamment les mesures emblématiques comme la création d'une taxe sur les sodas, dans le budget 2012, et la TVA à 7% dans le dernier budget rectificatif 2011. — Joel Saget afp.com

L’Assemblée nationale a rejeté jeudi une hausse des prix des boissons contenant des sucres ajoutés ou des édulcorants de 0,5 centime d’euro par canette, le gouvernement jugeant le geste, qui se serait répercuté sur les consommateurs, « très inopportun ».

L’amendement repoussé avait été adopté en commission des Finances à l’initiative de plusieurs députés radicaux de gauche. Présenté en séance publique par la rapporteure générale du Budget Valérie Rabault (PS), il visait à relever de 7,50 à 9 euros par hectolitre les contributions perçues sur ces boissons, une augmentation « infime » dont l’impact sur les prix aurait été « imperceptible », selon ses auteurs, et visant à abonder la Sécurité sociale.

Perçu comme une hausse de la fiscalité

Mais dans l’hémicycle, le secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert a indiqué que « le gouvernement estime qu’il est très probable que l’impact d’une augmentation de cette taxe se reporte sur les consommateurs », ajoutant qu’il est « très inopportun d’avoir une augmentation des prix qui seront perçus d’ailleurs comme une hausse de la fiscalité ».

« Un demi-centime par canette, est-ce (un signal qui) puisse avoir une influence sur le comportement », s’est-il interrogé. Et M. Eckert d’ajouter : « on va nous dire : voilà, vous avez encore cherché, par un moyen semble-t-il indolore, à recouvrer 62 millions d’euros supplémentaires. Ce n’est pas la volonté du gouvernement ».

« Un vrai problème pour la santé des enfants »

L’amendement a été soutenu dans l’hémicycle par Karine Berger (PS), qui a noté que les boissons sucrées étaient « un vrai problème pour la santé des enfants », déplorant que ces produits bénéficient « depuis des années d’une TVA réduite ». A l’inverse, Razzy Hammadi (PS) a jugé la hausse insuffisante pour limiter la consommation, soulignant que « c’est le consommateur qui va payer ».

La droite a quant à elle dénoncé une mesure revenant à une nouvelle hausse d’impôts. « Est-ce que c’est une bonne idée d’augmenter encore les impôts ? » s’est ainsi interrogé le député UDI Charles de Courson, tandis que Gérald Darmanin (Les Républicains) a dénoncé une « tartufferie » avec une mesure qui est « bien une augmentation de la fiscalité » à ses yeux.