Pourquoi la fin de l’automne peut être synonyme de prise de poids

NUTRITION La baisse de l’activité physique et quelques changements alimentaires pourraient expliquer cette tendance…

R.S.

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Illustration obésité.
Illustration obésité. — PAUL ELLIS/AFP

Et soudain l’aiguille de la balance tangue sévèrement vers la droite. +2kg, +3kg, voire un peu plus pour les plus enveloppés d’entre nous. La tendance n’est pas scientifiquement prouvée mais elle est régulièrement soulignée par les nutritionnistes. L’automne est généralement synonyme de prise de poids. Dans les cabinets médicaux, cela se traduit par une nette hausse des prises de rendez-vous en début d’année, juste après les fêtes. « Il y a un vrai pic en janvier », observe Florence Foucaut, Porte parole de l’association française des diététiciens nutritionnistes (AFDN).

Pour la spécialiste, cette tendance à l’embonpoint saisonnier n’aurait rien de naturel. L’homme n’hiberne pas et l’idée selon laquelle le corps a besoin de réserves de graisses pour passer l’hiver serait fausse. « C’est une idée reçue. Il faut vraiment des températures très basses, autour de -10 °C, pour qu’il y ait une adaptation de l’organisme. » Un processus biologique appelé « thermogenèse » qui ne concernerait que les sportifs de l’extrême, contraints de s’entraîner dans le froid et de bénéficier d’un apport énergétique vraiment supérieur à la moyenne.

Trois quarts des Français ne marchent pas assez

Pour le commun des mortels, la prise de poids automnale ne serait donc due qu’aux habitudes de vie. Premier constat, les Français mangent différemment à l’approche de l’hiver. Les plats sont globalement plus chauds, plus riches, plus gras. La dernière étude Inca2 de l’Anses indique ainsi que les Français insistent sur les pâtisseries et gâteaux (36,9 grammes/jour en automne contre 34,8 en été), le chocolat (6,4 contre 4,4), ou les plats composés (71,5g/j contre 69,8). A l’inverse, ils délaissent les fruits (123,6 contre 177,3) et légumes (121,3 contre 161,2). Ces écarts ayant tendance à s’accentuer avec l’entrée dans l’hiver (voir tableaux).

Parallèlement, la baisse des températures et le passage à l’heure d’hiver ne sont pas des facteurs idéaux pour pratiquer une activité physique. Pour être en bonne santé, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) préconise de totaliser au moins 10.000 pas par jour. Or 75 % des Français âgés de 18 à 64 ans n’atteignent pas cap, selon une enquête réalisée avec l’Irmes pour l’association Assureurs prévention (onvabouger.fr). Ils sont aussi de moins en moins nombreux à pratiquer une activité sportive (58 %). Enfin 29 % des Français déclarent ne jamais pratiquer une activité physique, quelle qu’elle soit (marche, vélo ou même jardinage). Eté comme hiver. Les pèse-personne n’ont pas fini de dérailler.

*L’étude Assureur Prévention a été réalisée sur un panel de 1 077 individus âgés de 18 à 64 entre le 16 février et le 17 mars 2015. L’échantillon est représentatif de la population française en termes de distribution par région, âge, sexe, indice de masse corporelle et catégorie socioprofessionnelle.