Cancer: Où placer la consommation de viande rouge parmi les facteurs de risques ?

OMS Finalement, le tabac, l’alcool ou la pollution atmosphérique tuent beaucoup plus chaque année…

R.S.
— 
Un stand de viande dans un supermarché le 25 août 2015 à Paris
Un stand de viande dans un supermarché le 25 août 2015 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

N’en déplaise aux bouchers et charcutiers, pour vivre en bonne santé, mieux vaut limiter sa consommation de viande rouge et en viandes transformées. L’Organisation mondiale de la santé alerte depuis lundi sur le caractère cancérogène d’un excès de steak ou saucisson dans les assiettes. Mais ce ne sont évidemment pas les seuls facteurs de risques répertoriés. Au jeu des comparaisons, ces produits carnés arrivent loin derrière d’autres facteurs comme la pollution atmosphérique, l’alcool, ou le tabac.

L’organisme de recherche indépendant Global Burden of Diseases Project place ainsi le tabac à la première place des causes directes de mortalité par cancer (un million de décès) dans le monde. Loin devant la consommation d’alcool (600.000 décès), la pollution atmosphérique (200.000), la viande rouge (50.000 décès) ou les viandes transformées (34.000 décès).

Le tabagisme est donc le facteur de risque cancéreux le plus important, entraînant dans le monde plus de 20 % de la mortalité par cancer et environ 70 % des décès par cancer du poumon. L’OMS précise de son côté que plus de 30 % de la mortalité due au cancer pourrait être évitée en modifiant ou en évitant les principaux facteurs de risque, à savoir : le tabagisme, la surcharge pondérale ou l’obésité, la consommation insuffisante de fruits et légumes, le manque d’exercice physique (sédentarité), la consommation d’alcool, l’infection à HPV sexuellement transmissible, l’infection à virus HBV, les rayonnements ionisants et non ionisants, la pollution de l’air des villes, les fumées à l’intérieur des habitations dues à l’utilisation de combustibles solides.


Pour l’institut national du cancer, il est utile de différencier les facteurs de risque, dits « internes », liés à notre âge ou à notre histoire familiale. Le « cumul des agressions subies par les cellules » et une « moindre efficacité des mécanismes de réparation de l’ADN » entrent alors en ligne de compte. Les facteurs de risque, dits « externes », sont eux liés à nos comportements ou à notre environnement, donc considérés comme « évitables ».

Selon l’INC, 4 cancers sur 10 entrent dans cette deuxième catégorie. Mais concernant l’incidence des facteurs de risques externes, l’institut reconnaît qu’il est « difficile d’établir un classement entièrement fondé sur des données scientifiques chiffrées précises ». A ce titre, les habitudes alimentaires au sens large (faible consommation de fruits et légumes, consommation excessive de viande rouge et de charcuteries, faible consommation de fibres et excès de sel) seraient à l’origine d’environ 9 % des cancers.

>> Pour aller plus loi, voici une classification des agents cancérogènes selon l’Institut International de Recherche pour le Cancer