Viande et cancer: Stéphane Le Foll met en garde contre toute «panique»

ALIMENTATION Une étude de l'OMS sur le lien entre viande et cancer fait réagir...

C.C.M
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Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll le 16 octobre 2015 à Paris
Le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll le 16 octobre 2015 à Paris — Miguel Medina AFP

Dans un document publié ce lundi, l’OMS déclare que la consommation de charcuterie est cancérogène et que celle de viande rouge l’est « probablement » aussi. Une annonce qui déclenche des réactions pour le moins contrastées.

« Panique » et « diktat des lobbies »

Lors d’une rencontre avec la presse ce lundi, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a déclaré qu’il ne voulait pas « qu’un rapport comme celui-là mette encore plus la panique chez les gens ». Le ministre a plaidé pour des recommandations sur la fréquence de consommation, plutôt que pour une interdiction totale : « Au-delà d’un certain niveau de consommation, on peut avoir un cancer. On le savait déjà. On peut et on doit consommer de la viande, mais on doit le faire de manière raisonnable ».

Autre son de cloche chez Europe Ecologie Les Verts. Sa secrétaire nationale, Emmanuelle Cosse, a fait savoir dans un communiqué que cette étude représentait pour elle « une nouvelle alerte sur les impacts sanitaires graves d’un modèle alimentaire déséquilibré ». Elle y affirme également que la « surconsommation de viande » et le « diktat des lobbies de la malbouffe » doivent être combattus, en misant notamment sur une alimentation « saine et locale ».

Les industriels américains en colère

Du côté des industriels de la viande, on réfute les résultats de l’étude, l’Institut nord-américain de la viande (NAMI) parlant même d’un travail qui « défie le bon sens ». D’après l’organisme, « la science a montré que le cancer est une maladie complexe qui n’est pas provoquée par de simples aliments » et les scientifiques ayant mené l’étude « ont trituré les données pour obtenir un résultat bien précis ».

Reste à savoir quelle sera la réaction des Français, dont la consommation de viande a baissé de 4 % entre 2004 et 2014. Elle reste néanmoins de 55 kilos par an, soit deux fois l’apport de protéines recommandé.