Staphylocoque doré: Bientôt un nouveau traitement contre l'infection?

RECHERCHE En ciblant deux toxines qui pompent le fer présent dans les globules rouges, la prolifération de la bactérie pourrait être stoppée, faute de « nourriture »…

20 Minutes avec agence

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Laboratoire de chimie (Illustration)
Laboratoire de chimie (Illustration) — POUZET/20 MINUTES/SIPA;

Pour « survivre » et se multiplier, le staphylocoque doré détruit nos globules rouges en prenant le fer nécessaire à son énergie. Pour arriver à ses fins, il sécrète deux toxines, LukED et HlgAB, qui détruisent les cellules immunitaires de leur hôte : les neutrophiles. Une fois affaibli, l’hôte est donc une proie facile pour le « staphylo » qui se prolifère sans gêne.

De nouveaux traitements prompts à lutter contre les maladies nosocomiales

Ce processus, découvert par trois équipes de l’Inserm et des chercheurs américains de la New York University School of Medicine, ouvre aujourd’hui la voie à de nouveaux traitements contre la bactérie. Et, par effet papillon, à de nouveaux traitements prompts à lutter contre les maladies nosocomiales (contractées dans un établissement de santé), dont le staphylocoque doré est bien souvent responsable [en affaiblissant le malade].

« Le staphylocoque doré lyse les globules rouges via ces deux toxines pour subvenir à ses besoins en fer. Il le détache de l’hémoglobine », résume ainsi Thomas Henry, coauteur des travaux publiés dans la revue Cell Host & Microbes. Si le mystère de ce mécanisme reste à éclaircir, dit-il, les toxines LukED et HlgAB, qui aident donc le « staphylo » à « voler » le fer lié à l’hémoglobine dans les globules rouges, sont, elles, d’ores et déjà devenues des cibles thérapeutiques de premier choix pour lutter contre les infections à staphylocoque doré.

Bientôt des essais sur l’homme

« Deux toxines plus faciles à cibler qu’un récepteur chez l’hôte, note encore le chercheur à l’Inserm. En outre, bloquer leur activité permettrait de faire d’une pierre deux coups, en les empêchant de détruire à la fois les neutrophiles et les globules rouges. » Un espoir, donc, pour ces nombreuses victimes de la bactérie très présente en milieu hospitalier (deux millions de cas chaque année et 80 000 décès dans le monde, selon les derniers chiffres de l’OMS).

D’ailleurs, dans un communiqué, l’Inserm vient de préciser qu’un laboratoire mettait déjà au point « deux anticorps monoclonaux dirigés contre six toxines produites par le staphylocoque doré, parmi lesquelles LukED et HlgAB ». Les premiers essais sur l’homme devraient commencer très prochainement.