Ebola: Le virus présent jusqu'à 9 mois dans le sperme des anciens malades

EPIDEMIE Jusqu'ici, le virus avait été détecté dans le sperme d'un survivant 82 jours après la guérison...

20 Minutes avec agences

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Le virus Ebola. Crédit: Frederick Murphy/CDC via AP
Le virus Ebola. Crédit: Frederick Murphy/CDC via AP — Frederick Murphy/AP/SIPA

Alors que l’OMS annonçait il y a quelques mois que l’épidémie pourrait être vaincue d’ici la fin de l’année, une nouvelle étude* vient noircir ces prévisions. Selon ces nouveaux travaux du  Daniel Bausch, virologue de l’OMS à Genève,   publiés ce mercredi dans le New England Journal of Medicine, le virus Ebola peut subsister dans certaines parties de l’organisme après la guérison car « il faut plus de temps au système immunitaire pour nettoyer ces endroits » parmi lesquels les testicules, le cerveau, la moelle épinière et le globe oculaire. Et donc dans le sperme des survivants de l'épidémie. Des fragments du virus qui représentent un véritable danger pour les conjoints et/ou partenaires sexuels des patients déclarés guéris.

Le virus présent dans l’organisme jusqu’à 9 mois après l’infection

Dans le détail, 65 % des participants dont le sperme a été testé entre quatre et six mois après leur maladie, était déclarés positifs pour Ebola. Sept à neuf mois après l’infection, plus du quart d’entre eux (26 %) gardaient des traces du virus dans leur sperme suggèrent les travaux menés conjointement par le ministère de la Santé de Sierra Leone, l’OMS et les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Des résultats d’autant plus inquiétants que, jusqu’alors, la période la plus longue pendant laquelle Ebola avait été détecté dans le sperme d’un homme guéri était de 82 jours, selon Armand Sprecher, expert de la maladie à Médecins sans frontières.

Un suivi médical à moyen terme nécessaire

« Cette étude (…) nous rappelle que malgré le fait que le nombre de cas d’Ebola continue à diminuer, les survivants et leurs familles sont toujours confrontés aux effets de la maladie », a souligné dans un communiqué Bruce Aylward, responsable de la réponse à Ebola à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). D’où la nécessité d’un suivi médical plus long, qui selon Bruce Aylward, devrait durer « six à douze mois » après la guérison des patients.

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Au-delà de la prise de sang, seul moyen jusqu’ici de vérifier si une personne n’a plus de trace du virus dans son sang, les survivants devraient avoir leur sperme testé deux fois négatif pour Ebola avant d’avoir des relations sexuelles ou sinon utiliser un préservatif, recommandent donc les autorités sanitaires.

Ebola a dévasté trois pays d’Afrique de l’Ouest (Sierra Leone, Liberia et Guinée) depuis la fin 2013, infectant près de 25.000 personnes et faisant plus de 11.000 morts.

*Pour les besoins de l’étude, première de ce type effectuée sur le long terme, les scientifiques ont analysé les semences de 93 participants majeurs originaires de Sierra Leone. Les volontaires ont fourni ont des échantillons de leur sperme pendant deux à dix mois après le début de leur infection.