Grippe: Pourquoi le vaccin devrait être plus efficace qu'en 2014

VIROLOGIE La campagne de vaccination contre le virus débute cette semaine…

Romain Scotto

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Lille, le 11 octobre 2013. Vaccination contre la grippe saisonniere a l'Institut Pasteur de Lille avec le vaccin Vaxigrip das laboratoires Sanofi Pasteur MSD.
Lille, le 11 octobre 2013. Vaccination contre la grippe saisonniere a l'Institut Pasteur de Lille avec le vaccin Vaxigrip das laboratoires Sanofi Pasteur MSD. — M.Libert/20 Minutes

Comme les vendanges, Halloween ou l’ouverture de la chasse au gibier, c’est l’un des rituels du début de l’automne. La grippe saisonnière fait son apparition au mois d’octobre, et avec son lot de questions sans réponses. Impossible de déterminer avec précision quelle sera la virulence de la souche actuelle. Ni quel sera le taux d’efficacité du vaccin mis sur le marché.

Pourtant, les spécialistes sont beaucoup plus optimistes que l’année dernière. Il y a un an, le vaccin en service avait présenté un taux d’efficacité de 23 %. Faible, mais logique vu les conditions particulières dans lesquelles la grippe a frappé. « On avait eu un problème d’efficacité du vaccin car le virus de la grippe a muté », justifie Sylvie Behillil, responsable adjointe du centre nationale de référence de la grippe à l’institut Pasteur.

Les prévisions basées sur la situation dans l’Hémisphère sud

En théorie, le vaccin protège contre trois virus de la grippe à la fois. La souche A H1N1, A H3N2 et B. Lors de la dernière épidémie, le virus A H3N2 était en surnombre par rapport aux autres. Manque de chance, c’est cette souche qui a muté et a rendu le vaccin inefficace. Même si on ne sait pas quel virus va réellement circuler, il y a peu de chances que le scénario de 2014 se reproduise.

A l’échelle internationale, les spécialistes se réunissent en février pour établir la composition vaccinale du produit de l’année suivante. Il s’agit alors d’affiner les prévisions. « Cette année celle-ci a été modifiée au niveau de la grippe H3N2, détaille Sylvie Behillil. L’épidémie a déjà eu lieu dans l’hémisphère sud (cet été). Normalement, cela donne une idée de ce qui va circuler dans le Nord (en hiver). On pense que le vaccin sera efficace contre la grippe A H3N2. » H3N2 étant également connu pour être plus virulent que ses cousins, notamment chez les sujets âgés.

Le souvenir de 2009

A priori, l’Europe sera donc mieux protégée cette année. La crainte ultime étant de connaître un scénario similaire à celui de 2009 quand un nouveau virus de la grippe était apparu : Le fameux H1N1. Depuis, le vaccin a fait son effet. Nos organismes ont aussi développé des anticorps pour contrer ce virus. 2015 ne sera donc pas l’année d’un nouvel affolement de dernière minute où la ministre de la Santé avait réquisitionné 94 millions de doses vaccinales. « En théorie », précise quand même la spécialiste. On n’est jamais trop prudent en virologie.