Suicide: Les obèses ayant subi une chirurgie gastrique sont davantage exposés

MEDECINE Les tentatives de suicide interviennent le plus souvent entre deux et trois ans après l'opération...

20 Minutes avec agences

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L'obésité et le surpoids qui touchent un nombre croissant de femmes en âge de procréer ne font pas bon ménage avec le désir d'enfant et font courir des risques aux futures mères comme à leurs bébés, soulignent des spécialistes.
L'obésité et le surpoids qui touchent un nombre croissant de femmes en âge de procréer ne font pas bon ménage avec le désir d'enfant et font courir des risques aux futures mères comme à leurs bébés, soulignent des spécialistes. — Vanderlei Almeida afp.com

La chirurgie bariatrique* pourrait avoir de graves conséquences sur la santé mentale des patients obèses. Selon une étude, ils auraient 50 % plus de risques de faire une tentative de suicide à la suite de l’intervention.

Si par le passé des études avaient déjà montré que les suicides étaient nettement plus fréquents chez les personnes ayant subi cette opération que dans le reste de la population, des chercheurs de l’université de Toronto ont constaté que la plupart des tentatives de suicide a été commise par des personnes ayant des antécédents de maladie mentale.

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont analysé les dossiers médicaux de 8 815 habitants de la province canadienne d’Ontario ayant subi une chirurgie bariatrique (anneau gastrique, gastroplastie, by-pass, etc.) entre 2006 et 2011. Ces patients ont été suivis pendant six ans, trois ans avant et trois ans après l’intervention.

Renforcer le suivi des patients pour réduire les risques

Sur l’ensemble des participants, 111 personnes ont été prises en charge aux urgences hospitalières pour 158 tentatives de suicide. D’après les travaux des chercheurs, parus ce mercredi dans la revue médicale américaine JAMA Surgery, les passages à l’acte s’étaient, dans deux tiers des cas, produits (dans les trois ans) après l’intervention contre un tiers avant, soit un accroissement de 50 % du risque.

L’étude précise que les tentatives de suicide sont intervenues pour la plupart entre les deuxième et troisième années après l’opération, d’où la nécessité d’un suivi plus long de ces patients, soulignent les auteurs de l’étude.

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200 000 interventions aux Etats-Unis l’an passé

Un constat qui s’explique, selon certains experts, par le fait que des patients avaient tendance à remplacer la nourriture par de l’alcool. D’autres pensent qu’un pontage digestif pourrait affecter le niveau des hormones et des neurotransmetteurs dans les intestins qui jouent un rôle important pour réguler l’humeur et l’appétit.

Outre-Atlantique, près de 200 000 interventions bariatriques ont été réalisées en 2014. Celles-ci ont permis d’importantes pertes de poids chez la plupart des obèses ainsi qu’une réduction du diabète adulte dit de type 2 notamment.

* La chirurgie bariatrique consiste à réduire la capacité de l’estomac par la pose d’un anneau ou à limiter l’absorption des aliments par une partie des intestins avec un pontage. Les habitudes alimentaires doivent ensuite changer profondément.