Le stress à l'adolescence aiderait à mieux affronter les épreuves de la vie d'adulte

ETUDE Des conclusions qui ne s'appliquent, pour l'heure, qu'aux rats...

20 Minutes avec agence

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Adolescent déprimé, illustration.
Adolescent déprimé, illustration. — ISOPIX/SIPA

S’il est avéré que le stress serait à l’origine de nombreux troubles, ce sentiment aurait des vertus bénéfiques insoupçonnées. Ainsi, le stress à l’adolescence permettrait de mieux affronter la vie quotidienne au moment de la vie adulte, faite de défis et de situations imprévisibles, selon une récente étude publiée dans la revue Animal Behaviour.

De meilleurs réflexes et plus de débrouillardise

Pour étudier les conséquences du stress sur le long terme, les chercheurs de la Penn State University (Etats-Unis) ont ainsi soumis 24 rats à différents niveaux de stress d’ordre physique et social, de manière imprévisible et chronique durant une période correspondant, chez eux, à l’équivalent de l’adolescence pour l’homme.

Concrètement, les rongeurs ont ainsi été placés dans des cages de taille très réduite, inclinées ou surpeuplées. Ils ont également été socialement isolés des autres animaux mais également soumis à des cris ou des odeurs de prédateurs. Résultat : les rats adultes stressés pendant leur adolescence trouvaient de la nourriture plus rapidement que leurs congénères. 20 % d’entre eux visitent plus de « caches » alimentaires, et dans l’ensemble, obtiennent 43 % de nourriture de plus, que les rats non stressés.

Trop de stress reste toutefois néfaste

« Ces résultats statistiquement significatifs suggèrent que grandir dans un environnement stressant prépare mieux à un avenir stressant », commente Lauren Chaby, étudiante en science du comportement et de la psychologie de la santé à la Penn State University, citée par Top Santé.

Malgré cette réponse positive au stress sur le long terme, les scientifiques restent nuancés, rappelant que « trop de stress à l’adolescence chez l’homme pourrait mener à une stratégie de vie de type vivre vite et mourir jeune », conclut la chercheuse. A cela elle ajoute : « Le stress imprévisible peut avoir des conséquences dramatiques et durables, pour les humains comme pour les animaux (…) L’imprévisibilité est ce qui contribue à rendre le stress toxique, en raison de l’absence de contrôle sur l’environnement et la suite des événements. ».