Le projet de loi santé met encore des centaines de personnels hospitaliers dans la rue

SOCIAL Certains dénoncent une « casse de lhôpital», d'autres sont en quête d'une meilleure reconnaissance...

D.B. avec AFP
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Manifestation le 1er octobre 2015 à Paris du personnel hospitalier
Manifestation le 1er octobre 2015 à Paris du personnel hospitalier — THOMAS SAMSON AFP

lls ne désarment pas. Alors que le Sénat devait achever jeudi l'examen en première lecture du projet de loi santé, plusieurs centaines de personnels hospitaliers se sont rassemblés jeudi dans toute la France pour protester contre.

A Paris, une centaine d'agents de l'Assistance-Publique Hôpitaux de Paris se sont retrouvés en début d'après-midi devant le Sénat, qui examine actuellement le projet de loi, pour dénoncer «la casse de l'hôpital public», répondant à l'appel national à la grève lancé par les syndicats CGT, FO et SUD.

Le texte de Marisol Touraine, qui prévoit des regroupements hospitaliers, se traduira par un «démantèlement de l'hôpital de proximité», redoute Rose-May Rousseau (CGT). Les quelques manifestants présents en ont profité pour rappeler leur opposition au projet de réorganisation du temps de travail du directeur général de l'AP-HP Martin Hirsch, conséquence, selon eux, des «politiques d'austérité» imposées à l'hôpital en général.

Plusieurs villes mobilisées

Quelque 300 personnes ont également manifesté à Caen, devant l'Agence régionale de santé (ARS), dans une région où plusieurs services hospitaliers sont ou se disent menacés de fermeture.

Les hôpitaux de L'Aigle (Orne), Aunay-sur-Odon, Lisieux, Vire (Calvados), Valognes, Pontorson (Manche), étaient représentés. «Vous avez dit "égalité des chances en santé", ça dépend où vous habitez, votre hôpital de proximité en danger», pouvait-on lire sur une banderole.

A Marseille, entre 100 et 200 personnes se sont également rassemblées devant la préfecture, contre une centaine d'autres à Nice. La situation financière des hôpitaux de la cité phocéenne, critique, vient d'être dénoncée dans un rapport de l'Igas, pointant une gestion dispendieuse de 2012 à 2014.

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Des infirmiers- anesthésistes  en quête de reconnaissance

De leur côté, environ 1.000 infirmiers-anesthésistes, selon la police, ont revêtu leur blouse bleue pour défiler dans la matinée à Paris pour une reconnaissance de leur profession et de leur niveau d'études. «Marisol nous ne sommes pas sous propofol» (un anesthésique), «On vous intube et on nous entube», pouvait-on lire sur les pancartes brandies dans le cortège.

«Nous avons obtenu en 2010 la reconnaissance dans les statuts de notre niveau Master (bac + 5), mais cela ne se traduit pas sur la grille des salaires», déplore Laurent Monnet, infirmier anesthésiste diplômé d'État (IADE) au centre hospitalier d'Évreux.

«Le salaire d'un infirmier-anesthésiste en début de carrière, dans un établissement public, approche les 1.800 euros net et peut atteindre 2.800 en fin de carrière. Nous demandons au moins 700 euros de plus afin que notre revenu soit aligné sur celui des attachés d'administration hospitalière», explique Vincent Porteous, responsable CGT et infirmier anesthésiste à Lille.

Les infirmiers anesthésistes redoutent en outre de ne pas pouvoir accéder avec leur diplôme à «l'exercice en pratique avancée» inscrit dans le projet de loi santé. Cette disposition prévoit d'élargir les domaines d'intervention de professionnels paramédicaux ayant obtenu un diplôme dans «une université habilitée».