Royaume-Uni: Les premières greffes d'utérus autorisées dès 2016

MEDECINE Dix patientes ont déjà été choisies parmi plusieurs centaines de candidates...

20 Minutes avec agences

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Une échographie d'un foetus, environ cinq mois après la conception
Une échographie d'un foetus, environ cinq mois après la conception — Didier Pallages AFP

Un groupe de chercheurs britanniques de l'organisation Womb Transplant UK a reçu le feu vert pour lancer dès l'année prochaine le tout premier essai clinique de greffe d'utérus au Royaume-Uni. Un nombre réduit de femmes seraient dans un premier temps concernées, comme l'explique le communiqué publié ce mardi sur le site de l'association caritative britannique, créée pour venir en aide aux femmes nées ou devenues stériles à cause d'un problème d'utérus.

 

Si l'université londonienne de l'Imperial College a donné son feu vert pour le début des essais, Womb Transplant UK devra toutefois réunir 500.000 livres (677.000 euros) pour le mener à bien. Une campagne de financement a donc été lancée sur le site de l'organisation, qui rappelle aux contributeurs potentiels qu'environ une femme sur 5.000 naît sans utérus au Royaume-Uni. Les essais pourraient débuter en 2016 et, en fonction des résultats, le premier bébé britannique enfanté dans un utérus greffé pourrait naître fin 2017 ou début 2018.

Engagées dans une relation de couple stable et en bonne santé

L'équipe médicale sera dirigée par le Docteur Richard Smith, gynécologue consultant au Queen Charlotte's and Chelsea Hospital de Londres. Le médecin espère suivre l'exemple de la Suède, où une femme a pu donner naissance à un enfant en octobre 2014 après avoir subi une greffe d'utérus. Devant l'espoir suscité par cette nouvelle possibilité, plusieurs centaines de femmes se sont porté candidates à une greffe d'utérus auprès de Womb Transplant UK, mais seulement dix seront retenues. Les heureuses élues devront avoir entre 25 et 38 ans, être engagées dans une relation de couple stable et être en bonne santé.

Le processus commencera, avant le début des essais, par la formation in vitro d'embryons qui seront congelés. Les patientes subiront ensuite une opération de six heures pour recevoir la transplantation, et suivront un traitement médical pendant un an pour éviter le rejet de la greffe, avant d'être finalement inséminées. Les naissances auront lieu par césarienne, pour éviter de soumettre l'utérus au stress de l'accouchement. Six mois après la naissance, chaque femme se verra proposer une nouvelle grossesse. En cas de refus, les médecins procéderont à une hystérectomie, afin de réduire les risques liés aux traitements médicaux.

«La récupération des organes est une opération plus lourde que la transplantation»

«La récupération des organes est une opération plus lourde que la transplantation», a déclaré le Docteur Smith. «Nous ne voulons pas imposer cette opération à une donneuse vivante». Les utérus greffés proviendront de donneuses en état de mort cérébral, mais maintenues en vie.

A noter que la Turque Derya Sert, la première femme au monde a avoir bénéficié d'une greffe d'utérus, avait du interrompre sa grossesse après huit semaines car l'embryon ne donnait plus signe de vie.