Infarctus, AVC... Les jeunes femmes de plus en plus touchées par les maladies cardiovasculaires

ETUDE Selon les cardiologues, les infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans ont triplé ces quinze dernières années...

20 Minutes avec agences

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Illustration obésité.
Illustration obésité. — TIM SLOAN / AFP

Ce n’est pas nouveau, l’augmentation des cas de maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC, etc.) inquiète les spécialistes. Qui, cette fois, s’alarment de voir les jeunes femmes être de plus en plus sujettes à ces risques grandissants et souvent sous-estimés.

« Les infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans ont triplé ces quinze dernières années », rappelle ainsi le professeur Claire Mounier, présidente de la Fédération Française de Cardiologie (FFC), à la veille de la Journée mondiale du cœur, ce mardi. Preuve en sont, ces chiffres alarmants livrés par la Fédération française de cardiologie : en Europe, les maladies cardiovasculaires représentent 42 % des décès chez les femmes contre 27 % pour les cancers. L’infarctus du myocarde en est la première cause, avec 18 % des décès féminins, suivi par l’accident vasculaire cérébral (AVC, 14 %), puis les autres pathologies vasculaires.

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Plus de 60 % des infarctus chez les moins de 60 ans sont attribuables au tabac

Apanage presque exclusif jusqu’à récemment des femmes de plus de 65 ans, les maladies cardiovasculaires progressent donc chez les plus jeunes en raison de l’évolution de leur mode de vie. Plus de 60 % des infarctus chez les moins de 60 ans sont attribuables au tabac, assure la FFC. Un risque qui augmente surtout après 35 ans chez les fumeuses sous pilule combinant œstrogènes et progestatifs.

Quant à l’obésité, au cours des dix dernières années, elle a augmenté principalement chez les femmes de 18 à 25 ans et sa fréquence est plus élevée chez les femmes (15,7 %) que chez les hommes (14,3 %), selon l’étude Obepi 2012. L’embonpoint abdominal, souvent associé au diabète, à l’hypertension artérielle et à l’excès de graisses dans le sang, constitue également un marqueur de risque cardiovasculaire.

Les femmes ne reconnaissent que très rarement les signes de la crise cardiaque

Et alors que les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes en France, ces dernières ne reconnaissent que très rarement, estiment les experts, les signes d’alerte de la crise cardiaque. Typique chez les hommes, la douleur dans la poitrine irradiant la mâchoire et le bras gauche est absente chez les femmes dans 43 % des cas, souligne le Dr Christelle Diakov, cardiologue à l’Institut Montsouris à Paris, qui veut profiter de cette Journée mondiale du cœur pour communiquer et demander aux femmes d’être plus attentives.

Trop vite étiquetés « crise d’angoisse », juge la cardiologue, ces signes peuvent être, par exemple, une douleur au milieu du dos, un essoufflement, des palpitations à l’effort, des nausées, une fatigue inhabituelle.

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Contraception, grossesse après 35 ans et ménopause

Une vigilance particulière doit donc être portée à trois périodes : la contraception (importance, selon la FFC, d’adapter la contraception en fonction du risque individuel), la grossesse après 35 ans (risque d’hypertension) et la ménopause (prudence sur les traitements hormonaux substitutifs et danger de l’hypertension), résume le Dr Diakov.

En outre, les femmes hésitent plus à appeler le Samu. Elles sont moins bien dépistées, prises en charge plus tardivement, voire moins bien traitées que les hommes, d’après les études. L’une d’elle, l’enquête française Cassandre (2011) sur des patients hospitalisés en soins intensifs en cardiologie, montre également que 40 % des hommes et 31 % des femmes pensent, à tort, que l’infarctus du myocarde est moins grave chez la femme.

Un examen de prévention très simple

Dans le cadre d’un bilan de prévention, un « score calcique » (dépôts de calcium pouvant rétrécir les vaisseaux), établi grâce à un scanner, peut aider dans certains cas à mieux cerner le risque et décider s’il faut entreprendre ou non un traitement intensif. Cet examen, très simple à faire, permet de voir l’état des artères coronaires (artères nourricières du cœur dont l’obstruction aboutit à l’infarctus).

Un examen à prendre au sérieux, ajoute la Fédération mondiale du cœur, initiatrice de la Journée mondiale du cœur, sachant que dans le monde chaque année, 17,5 millions de personnes meurent en raison de maladies cardiovasculaires et une femme sur trois en décède.