Mon réseau cancer du sein: Un réseau social pour échanger sans tabou sur la maladie

OCTOBRE ROSE Ce réseau social offre aux femmes touchées par un cancer du sein un espace de parole et de nombreuses informations...

Anissa Boumediene
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PNY, CL51 Ruban Rose: 5100 mAh.
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Rompre la solitude, trouver un espace de parole libre et sans tabou, où l’on peut échanger avec d’autres personnes qui traversent les mêmes choses que soi, cela peut être très précieux quand on est malade. Alors que débute l’édition 2015 d’Octobre rose, les résultats de l’Observatoire cancer Institut Curie - Viavoice 2015 démontrent que 86% des Français souhaiteraient échanger avec d'autres patients ayant la même maladie. De cette idée est né en 2014 Mon réseau cancer du sein, un réseau social destiné aux femmes touchées par ce cancer.

cc @reseauKsein @europadonna @Seintinelles @Infosarcomes @diepasso @retinostop pic.twitter.com/D0pJJud1Zh
— institut_curie (@institut_curie) 10 Septembre 2015

Combler un manque

Laure Guéroult-Accolas, fondatrice de Mon réseau cancer du sein, avait 39 ans lorsque sa maladie a été diagnostiquée. « C'était en plein été et tous les centres d'accompagnement étaient fermés », se souvient-elle. Au désarroi du diagnostic s'est alors ajouté celui de se retrouver seule face au cancer. « J'avais besoin de soutien, de réponses et ne savais pas à qui m'adresser. Si on cherche du réconfort, une perruque, un kiné ou encore un bon soutien-gorge : ce réseau social vient combler ce manque ».

Il y a quelques mois, à pas encore 30 ans, Amandine caressait l'idée de mettre un bébé en route lorsqu'elle a appris son cancer du sein. « J'ai tout de suite cherché des informations sur Internet, c'est comme ça que j'ai connu Mon réseau. Je cherchais des témoignages de femmes jeunes, comme moi, je m'interrogeais beaucoup sur l’impact des traitements sur la fertilité », raconte la jeune femme.

« Je venais de finir mes traitements lourds quand j’ai découvert le réseau, explique Josiane, 56 ans. Je vis à la campagne, je ne connaissais pas les soins de confort comme la sophrologie ou les cures thermales spécifiques. C’est grâce aux témoignages que j’ai appris ces choses ».

Echanger sans tabou et trouver du soutien

Sur le site, des femmes de tous âges se retrouvent. « Cicatrices, bouffées de chaleur, sexualité : elles parlent de tout sur le forum », indique Laure Guéroult-Accolas. « J’ai un entourage formidable, mais on ne peut pas tout partager avec ses proches, estime Josiane. Sur Mon réseau, on ose dire certaines choses, on se trouve avec des femmes avec qui on peut échanger sans tabou ».

« Moralement, c’est très important, abonde Amandine. On n’a pas envie d’accabler nos proches avec nos craintes. Là, on parle avec d’autres femmes qui ont vécu les mêmes choses avant nous. A chaque coup de mou, quelqu’un est là pour nous réconforter et calmer nos angoisses, c’est d’un grand soutien et c’est une bouffée d’air frais ».

Car au-delà d’un échange autour de la maladie, Mon réseau permet aussi à des amitiés de voir le jour. « Du fin fond de ma campagne, j’ai rencontré des femmes formidables dans ma région depuis que je suis inscrite, se réjouit Josiane. On se retrouve autour d’un café, pour la gym, et aujourd’hui, ce sont des amies ».