Surconsommation d'antibiotiques: 13.000 décès par an en France liés aux bactéries résistantes

MEDICAMENTS 160.000 patients développent chaque année en France des infections générées par l'action de ces bactéries...

20 Minutes avec agences

— 

Des antibiotiques.
Des antibiotiques. — Philippe Huguen AFP

Près de 13.000 personnes meurent, chaque année en France, des infections provoquées par les bactéries résistantes aux antibiotiques.

« Les statistiques sont mauvaises », déplore la ministre de la Santé Marisol Touraine, qui a annoncé ce mercredi le renforcement de la lutte contre ce fléau intimement lié à la surconsommation d’antibiotiques, phénomène en aggravation aujourd’hui. « Nous savons désormais que près de 160.000 patients contractent, chaque année, une infection par un germe dit multi-résistant.», a-t-elle affirmé dans un discours prononcé à cette occasion.

« Après une relative stabilisation au cours des années 2000, la consommation globale d’antibiotiques est à nouveau en hausse depuis 2010 », constate également Marisol Touraine, à la lecture d’un rapport sur les antibiotiques commandé au Dr Jean Carlet.

La France, championne de la surconsommation

La France consomme en effet toujours trop d’antibiotiques : 30 % de plus que la moyenne européenne et presque trois fois plus que les Pays-Bas, la Suède ou la Norvège. La trop grande prescription d’antibiotiques, à l’origine de cette surconsommation, peut expliquer l’apparition de ces résistances physiologiques.

Marisol Touraine entend donc donner un « nouvel élan » à la lutte contre l’antibiorésistance et au plan d’alerte sur les antibiotiques 2011-2016, plan qui avait fixé comme objectif de réduire la consommation d’antibiotiques de 25 %.

Selon elle, il convient de mieux coordonner au niveau national les actions de lutte avec pour objectif de « faire passer la mortalité liée à l’antibiorésistance au-dessous de la barre des 10.000 décès par an ». Dans le cadre d’une relance de la sensibilisation du public aux dangers de l’abus d’antibiotiques, la ministre entend soutenir le projet de faire de la lutte contre l’antibiorésistance la grande cause nationale pour 2016.

Développer la recherche sur la résistance bactérienne aux antibiotiques

Sur la base des recommandations du rapport, la ministre a également souhaité que soient « mieux encouragées la recherche et l’innovation » sur la résistance aux antibiotiques, à travers le lancement, dès 2016, d’un plan national interdisciplinaire de recherche sur l’antibiorésistance, piloté par l’Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan) et l’Alliance nationale de recherche pour l’environnement (AllEnvie).

Elle a également souhaité « défendre la reconnaissance d’un statut à part pour les antibiotiques » afin d’encourager les entreprises à innover et développer de nouveaux antimicrobiens.