Dépistage du VIH : Ce qu'il faut savoir sur les autotests disponibles en pharmacies

TEST Dès mardi, il sera possible de se dépister chez soi, sans passer par un laboratoire d’analyses médicales…

R.S.

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Illustration d'un autotest.
Illustration d'un autotest. — Kevork Djansezian Getty Images

A l’image d’un test de grossesse, il est désormais possible de tester sa séropositivité. Dès mardi les premiers autotests du Sida seront mis en vente en pharmacies. Pour une trentaine d’euros, les patients auront la possibilité d’être fixé en une quinzaine de minutes. L’objectif des autorités de santé étant d’aider les 30.000 personnes porteuses du virus sans en avoir connaissance, aujourd’hui en France.

Une goutte de sang pour savoir. Comme le font souvent les patients diabétiques, l’utilisateur de l’autotest doit se désinfecter l’extrémité du doigt avant de la piquer pour en faire sortir une goutte de sang. Une lingette et une petite aiguille sont disponibles dans le kit. En plaçant la goutte de sang sur le test, celle-ci réagit à un liquide révélateur en cas d’infection au VIH. Le résultat est obtenu en principe au bout d’un quart d’heure, contre plusieurs jours pour un test classique en laboratoire. Non remboursé par la Sécurité sociale, ce test est évidemment valable pour une seule utilisation, sur une seule personne.

Un outil complémentaire au dispositif actuel. Dès le mois de février, la Haute Autorité de Santé (HAS) avait rappelé aux professionnels de santé et aux associations que les autotests VIH ne devaient pas se substituer au « dispositif actuel » de dépistage. Tout test positif doit donc être confirmé par un test en laboratoire qui est le seul à faire véritablement foi sur une séropositivité. La commercialisation des autotests a par ailleurs été repoussée pour « laisser le temps à l’ensemble des acteurs de santé de se former à la dispensation de l’autotest VIH ainsi qu’à l’accompagnement des personnes qui s’auto-dépisteront. »

Lutter contre « l’épidémie cachée ». En France, au moins 130.000 personnes sont infectées par le virus du Sida. Mais près de 30.000 ignorent qu’elles sont atteintes et en contaminent d’autres. Grâce à cette nouveauté, 400 personnes pourraient échapper à une contamination chaque année. « Il y a un besoin urgent de les dépister, pour elles-mêmes, parce qu’on vit mieux avec la maladie si on est rapidement mis sous traitement, mais aussi pour les autres pour enrayer la propagation de la maladie. Ce dispositif présente un intérêt de santé publique », expliquait récemment Franck Barbier, responsable des nouvelles stratégies de santé au sein de l’association Aides. Par ailleurs ce dispositif assure une certaine discrétion à certaines personnes rétives à se faire tester dans un centre de santé.

99 % d’efficacité annoncée. A condition de ne pas avoir été contaminé dans les trois précédents l’utilisation de l’autotest. S’auto-dépister quelques jours après un rapport à risque n’a donc pas d’intérêt puisqu’il faut trois mois à l’organisme pour développer un taux suffisant d’anticorps détectable avec ce test. S’il est correctement utilisé – personne n’est à l’abri d’une erreur de lecture – ces autotests s’avèrent plus fiables que les précédents dispositifs salivaires sortis aux Etats-Unis en 2012 (90 % d’efficacité).