Morsures de serpents: Vers une pénurie annoncée d'anti-venins

MONDe 100.000 personnes succombent chaque année des suites de morsures de serpent...

20 Minutes avec agences

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Le cobra cracheur Naja Ashei a suffisamment de venin pour tuer 20 personnes d'une seule morsure
Le cobra cracheur Naja Ashei a suffisamment de venin pour tuer 20 personnes d'une seule morsure — Reuters

« Des dizaines de milliers de personnes continueront de mourir de morsures de serpent à moins que la communauté mondiale de la santé ne prenne des mesures immédiates pour assurer la production d’un traitement et d’un sérum antivenimeux ».

C’est par ces mots que l’association Médecins sans frontières (MSF) a tiré la sonnette d’alarme, ce lundi, sur la pénurie imminente des traitements anti-venin produits par le laboratoire français Sanofi Pasteur.

Aucun traitement alternatif disponible passé l’été 2016

Dans un communiqué, l’association rappelle que Sanofi a cessé la production de Fav-Afrique, le seul sérum antivenimeux « certifié sûr et efficace » en 2014, que les stocks seront périmés d’ici à juin 2016 et « qu’aucun produit de remplacement ne sera disponible pendant au moins deux ans ». Un manque qui pose problème lorsque l’on sait que près de 100.000 personnes meurent chaque année des suites de morsures de serpent (1), parmi lesquelles 30.000 en Afrique sub-saharienne selon les estimations de MSF.

Pour limiter le nombre de décès, l’association espère que le laboratoire Sanofi « mettra à disposition les substances de base nécessaires à la production du Fav-Afrique » et trouvera « une capacité de production pour affiner ce produit en anti-venin qui pourra à terme, remplacer Fav-Afrique ».

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Sanofi invoque l’argument économique

En 2010, le groupe pharmaceutique avait décidé de stopper la production de son anti-venin en raison des prix affichés par des produits concurrents fabriqués en Asie, en Amérique latine et en Afrique. Une mesure qui selon Alain Bernal, son porte-parole, réside notamment dans le fait que « Sanofi Pasteur ne pouvait s’aligner » et avait entrepris de se concentrer sur la production d’un antirabique pour lequel « la demande est croissante et planifiable ». Ce dernier souligne également que Sanofi « regrette » d’avoir dû arrêter la production de l’anti-venin, « sensibilise depuis plusieurs années les autorités internationales de santé » sur ce problème.

« Cette situation (que l’on peut considérer comme une défaillance de marché) démontre clairement comment la pression sur les prix conduit à faire des choix au détriment de la durabilité et de la fiabilité de l’approvisionnement (et, potentiellement, de la qualité, avec un impact sur la santé publique) » conclut-il.

 

(1) Les morsures se produisent principalement dans les zones rurales où les personnes mordues renoncent à se faire soigner en raison du coût élevé du traitement (250 à 500 dollars par personne) ou se tournent vers les guérisseurs traditionnels.