Les enfants prématurés réussiraient moins bien leur vie d'adulte

ETUDE En cause, des mauvais résultats scolaires qui auraient un impact sur leur vie future…

20 Minutes avec agences

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Un bébé prématuré à la naissance
Un bébé prématuré à la naissance — Philippe Huguen AFP

Plus introvertis à l’âge adulte, les enfants nés prématurément réussiraient moins bien que les autres leur vie professionnelle, selon une étude britannique publiée fin août dans la revue Psychological Science. « Cette étude montre un effet cascade où des capacités scolaires moindres après une naissance prématurée amène de moindres qualifications et à une moindre richesse à l’âge adulte » expliquent les chercheurs britanniques dont les travaux (1) ont porté sur près de 15.000 individus nés prématurés.

Les prématurés plus souvent affectés par des difficultés financières

Dans les faits, le suivi de ces personnes une fois adultes et l’analyse de leurs conditions de vie ont permis de montrer que des moins bonnes dispositions scolaires intellectuelles [mises au jour par de précédentes études] se traduisaient par des niveaux de qualification moindres et de moins bonnes situations économiques.

Ainsi, le nombre de travailleurs manuels était clairement supérieur chez les adultes nés prématurément que chez les autres. Par ailleurs, les prématurés étaient plus souvent au chômage et déclaraient plus fréquemment avoir des difficultés financières que les enfants nés à terme.

En outre, les auteurs de l’étude affirment que les effets de la prématurité sur « la réussite économique à l’âge adulte » se font sentir même si l’on tient compte de l’influence du statut socio-économique des parents. « Ce qui est peut-être le plus surprenant c’est que la plupart des enfants étudiés n’étaient pas de grands prématurés mais seulement nés en moyenne cinq semaines avant terme. Pourtant nous retrouvons toujours cet effet à long terme », commente Maartje Basten, qui a participé à l’étude.

15 millions d’enfants naissent prématurément chaque année

Un constat que ne partage pas le spécialiste Olivier Baud de l’hôpital pédiatrique parisien Robert Debré pour qui ces conclusions ne sont pas vraiment « transposables aux prématurés d’aujourd’hui », plus nombreux mais bénéficiant parallèlement de meilleurs soins. Plus nuancé, il explique : « L’amélioration des soins actuels pourrait faire penser que nos prématurés actuels pourraient avoir moins de déficits [dans les performances cérébrales] mais l’augmentation du nombre de bébés survivants après des complications graves pourrait au contraire aller dans l’autre sens ».

Si la prise en charge de la prématurité, en particulier la grande prématurité (avant 33 semaines de grossesse) s’est fortement améliorée dans les pays développés, le nombre de prématurés a lui aussi nettement progressé (de 7,2 % des naissances en 1990 à 8,6 % en 2010 pour les seuls pays développés). Aujourd’hui, on estime qu’environ 15 millions de bébés naissent chaque année avant terme, soit 11 % du total des naissances.

(1) Des chercheurs de l’université anglaise de Warwick à Coventry (centre de l’Angleterre) ont étudié les niveaux de qualification, niveaux de vie et emplois de 8.573 personnes de 42 ans nées (prématurément ou non) en 1958 et 6.698 autres nés en 1970.