Alimentation: De la matière fécale décelée dans la quasi-totalité des hamburgers

ETATS-UNIS Les traces d'excréments provenant des bêtes ne sont jamais eliminées lors du circuit de production...

20 Minutes avec agence

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Un hamburger
Un hamburger — HOUIN GERARD/SIPA

Voilà qui est peu ragoûtant. Les hamburgers contiendraient presque toujours de la matière fécale, selon les résultats d’une enquête réalisée et publiée ce mardi par le magazine américain Consumer Reports. Une information d’autant plus écœurante lorsque l’on sait que le burger [qui a été consommé un peu plus d’un milliard de fois en 2014] représente « un repas sur quatre » dans la restauration commerciale.

Or la vaste méthodologie employée par les enquêteurs, qui ont quadrillé tout le territoire des Etats-Unis (les prélèvements ont été réalisés dans quelque 26 villes), ne laisse que peu de place au doute. Ceux-ci ont en effet analysé la composition de près de 171 kilos de viande de bœuf (1), issus de l’agriculture conventionnelle [où, selon les variantes, les animaux sont nourris aux antibiotiques à plus ou moins forte dose] mais également de l’agriculture biologique.

Les matières fécales présentes dans la viande disparaissent le plus souvent à la cuisson

Ces résultats s’expliquent d’ailleurs fort bien. Au moment de l’abattage puis de la transformation, les matières fécales, restées sur la peau des bêtes ou dans leurs intestins ne sont jamais éliminées durant le circuit de production. Généralement présents à la seule surface de la viande, ils [les excréments] peuvent alors disparaître sans mal durant la cuisson, sauf dans le cas du steak haché, où la matière fécale peut résider à l’intérieur même de la viande, où elle pourra alors résister sans mal à la chaleur de la poêle.

Plusieurs bactéries décelées 

Outre les matières fécales, la quasi-totalité de la viande analysée, et donc quelle que soit son origine contient des bactéries [parmi lesquelles E Coli, la salmonelle ou le staphylocoque doré], sources d’infections sanguines et urinaires. A noter que la viande industrielle et la viande bio ne sont pas égales face à ces bactéries puisque la première contient dans plus de 80 % des cas, plus de deux types de bactéries, contre un peu moins de 40 % des cas pour la viande de bœuf bio.

 

(1) Pour les besoins de l’étude, 116 échantillons de viande de bœuf bio et 181 échantillons de viande industrielle, achetés dans 100 supermarchés ont été analysés.