Alzheimer: Neuf principaux facteurs de risque découverts

ETUDE Le faible niveau d’éducation, la dépression ou l’hypertension artérielle figurent parmi les facteurs de risque de démence...

20 Minutes avec agence

— 

Une personne atteinte de la maladie d' Alzheimer avec une photo d'elle le 18 mars 2011 dans une maison de retraite à Angervilliers
Une personne atteinte de la maladie d' Alzheimer avec une photo d'elle le 18 mars 2011 dans une maison de retraite à Angervilliers — Sebastien Bozon AFP

Neuf facteurs de risques seraient impliqués dans deux tiers des cas de maladies de démence telles qu’Alzheimer selon une étude sino-américaine publiée le 20 août dans le JNNP (Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry).

Obésité, tabagisme joueraient un rôle dans le développement des démences

Les chercheurs américains de l’université de San Francisco, épaulés par leurs collègues de l’université de Qingdao en Chine, ont ainsi repéré neufs déterminants parmi lesquels l’obésité, le tabagisme, l’athérosclérose des artères carotides (du cou), le diabète de type 2, le faible niveau d’éducation, la dépression, l’hypertension artérielle, le taux d’homocystéine élevé dans le sang et la fragilité générale. A noter qu’au départ, les scientifiques menés par le Pr Wei Xu, neurologue du Centre sur la mémoire et l’âge de l’université de Californie, à San Francisco, ont trouvé 93 facteurs de risque mais en recoupant divers résultats, ils sont parvenus à n’en retenir que 9.

Des conclusions qui doivent encore être confirmées

Toutefois, les chercheurs précisent qu’il est impossible d’affirmer qu’il existe un lien de causalité entre ces facteurs de risque et les cas d’Alzheimer lit-on sur Pourquoi Docteur. Si l’étude, certes pointue, a un caractère observationnel, elle n’est pour autant pas expérimentale. Pour aller plus loin, il faudrait ainsi lancer une autre étude de plus grande ampleur. C’est en tout cas l’avis du Pr Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille et directeur d’unité Inserm qui confie au Figaro : « C’est un travail titanesque qui a été réalisé mais comme toutes les études elle possède ses biais, et ce qu’il faudrait maintenant, c’est une grande étude européenne financée par les États pour confirmer les bénéfices d’une stratégie de prévention fondée sur le contrôle des facteurs de risque. »

De son côté, Bruno Dubois, chef du service des maladies cognitives et comportementales à La Pitié Salpêtrière (Paris), invite a bien distinguer la maladie d’Alzheimer des autres cas de démence : « La démence est un syndrome qui résulte de plusieurs causes (vasculaires, nutritionnelles, endocriniennes…) et si on agit sur ces facteurs on va faire régresser la fréquence de la démence. C’est plus compliqué pour la maladie d’Alzheimer qui est une démence dégénérative, mais on peut penser que ces facteurs de risque agissent aussi soit directement soit indirectement sur l’expression de la maladie. »

En attendant de nouvelles études, les chercheurs de l’université de San Francisco pensent que leurs travaux pourraient servir à appliquer « des stratégies préventives ciblant le régime alimentaire, les médicaments, l’homocystéine, la santé mentale, les maladies sous-jacentes et le mode de vie ». Modifier ces facteurs « pourrait aider à ralentir l’épidémie de cas de la maladie d’Alzheimer ».

(1) Loin d’être arbitraire, ce chiffre a été obtenu en regroupant et analysant 351 études publiées entre 1968 et 2014 à travers le monde.