Se faire opérer en musique pour avoir moins peur et moins de douleurs

SANTE Ecouter de la musique avant, pendant ou après l’intervention chirurgicale pourrait réduire la douleur d’un cinquième…

A.B. avec AFP

— 

Opération chirurgicale, photo d'illustration.
Opération chirurgicale, photo d'illustration. — 20 MINUTES/SIPA

Ecouter de la musique avant, pendant ou après une intervention chirurgicale a un effet bénéfique sur les patients en diminuant leur anxiété et leurs douleurs et en facilitant leur rétablissement, selon une étude publiée jeudi dans la revue médicale britannique The Lancet.

La musique efficace même sous anesthésie générale

En compulsant 72 études portant sur 7.000 personnes au total, une équipe de chercheurs britanniques a montré que les patients opérés en musique étaient moins anxieux, avaient moins de douleurs post-opératoires et prenaient moins de médicaments analgésiques que ceux qui n’y avaient pas eu droit. Ils se montraient également plus satisfaits globalement.

L’effet sur l’anxiété et la douleur était perceptible que la musique ait été entendue avant, pendant ou après la chirurgie, avec toutefois un avantage pour la musique entendue avant l’intervention. Toutes les musiques testées (plus de 4.000 titres au total) se sont avérées efficaces, même si les auteurs relèvent un bénéfice accru mais « non significatif » pour les morceaux choisis par le patient. L’effet a également été relevé sous anesthésie générale, mais était un peu plus important lorsque les patients étaient conscients pendant l’intervention.

La douleur réduite d’un cinquième

La musique a également permis de réduire le recours aux médicaments anti-douleurs, mais n’a en revanche pas permis de diminuer la durée d’hospitalisation des patients, selon les chercheurs.

Le Dr Catherine Meads de l’Université Brunel (Royaume-Uni), qui a dirigé l’étude, a expliqué que la réduction de la douleur était d’environ un cinquième sur l’échelle des douleurs qui va de 0 à 10, soit une réduction « cliniquement significative ». Pour elle, « la musique est un moyen non invasif, sûr et bon marché qui devrait pouvoir être mis à la portée de toute personne subissant une intervention chirurgicale », ajoutant que les patients devraient à l’avenir être autorisés à choisir le type de musique qu’ils souhaitent entendre. Mais le Dr Meads reconnaît que des dispositions doivent être prises pour éviter que la musique interfère dans la communication entre les membres de l’équipe médicale.

« En tirer le meilleur parti »

Dans un commentaire joint à l’étude, le Dr Paul Glasziou de l’Université Bond en Australie note que les conclusions de l’étude rejoignent des essais déjà menés sur des patients sous ventilation artificielle ou hypertendus, dont les symptômes ont baissé d’intensité sous l’effet de la musique.

Mais il note qu’il est difficile à ce stade de préciser si l’effet est dû à la relaxation, à la distraction cognitive ou à tout autre mécanisme. Et compte tenu de la grande variété des bénéfices répertoriés dans l’étude, il suggère de déterminer comment on pourrait à l’avenir « en tirer le meilleur parti ».