Vache folle: Une molécule redonne l'espoir d'un premier médicament contre maladie

ETUDE Une macromolécule synthétique, appelée « polythiophène », a permis de bloquer la maladie chez des rongeurs…

20 Minutes avec agences

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Des vaches devant être abattues suivant le principe de précaution après la découverte d'un animal atteint de la maladie de la vache folle dans un élevage, le 7 mai 2001 à Argouges
Des vaches devant être abattues suivant le principe de précaution après la découverte d'un animal atteint de la maladie de la vache folle dans un élevage, le 7 mai 2001 à Argouges — Mychele Daniau AFP

Une substance créée par des chercheurs suisses et français (Institut de neurologie de l’université de Zurich et Institut de biologie et de chimie des protéines de l’université de Lyon) a bloqué l’infection de rongeurs par des prions, considérés comme des agents de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), plus communément appelée « maladie de la vache folle ».

Selon les résultats de l’étude publiée dans la revue américaine Science Translational Medicine, la macromolécule en question, appelée « polythiophène », empêche l’agglutination toxique de prions dans le cerveau. Autrement dit, elle bloquerait la mutation des prions, à l’origine d’une des maladies neurodégénératives rares et souvent mortelles comme l’ESB pour les vaches et le nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ) chez les humains.

La vie des rongeurs infectés prolongée de plus de 80 %

Pour mettre la main sur ce qui pourrait ouvrir la voie au tout premier médicament contre « la vache folle », les chercheurs ont testé un large éventail de polythiophènes (parmi lesquelles de nouveaux polythiophènes ayant des capacités accrues de blocage) sur des souris et des hamsters infectés par des prions pour déterminer les plus efficaces en matière de neutralisation. La plus prometteuse a prolongé la vie des rongeurs infectés de plus de 80 %.

Vingt-neuf ans après le premier diagnostic d’ESB, l’espoir de concevoir une nouvelle classe de médicaments éradiquant la maladie renaît. Ceci alors même que le premier cas depuis 2013 a été détecté en Irlande et confirmé le 25 juin dernier.