Alzheimer : La mémoire des femmes pourrait se détériorer plus vite

ALZHEIMER Selon une étude américaine, les femmes ayant de légers troubles cognitifs sombreraient dans la maladie plus rapidement que les hommes...  

Claire Chédeville

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Illustration : Une femme souffrant d'Alzheimer.
Illustration : Une femme souffrant d'Alzheimer. — Sebastien Bozon afp.com

Des pertes de mémoire ou des troubles cognitifs légers seraient à l’origine d’une dégénérescence plus rapide chez les femmes que chez les hommes souffrant des mêmes troubles, révèle une étude publiée mardi à Washington (Etats-Unis).

Ces résultats pourraient aider à comprendre les mécanismes spécifiques à la maladie d’Alzheimer, qui touche environ 900.000 personnes en France, selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

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Des femmes plus atteintes que les hommes

Cette recherche a porté sur 398 participants, 141 femmes et 257 hommes pour la plupart septuagénaires, qui souffraient tous de troubles cognitifs légers. « Durant une période de huit ans, les femmes ont vu leur état cognitif se détériorer deux fois plus rapidement que les hommes, selon des tests standards de mesure de la mémoire et d’autres capacités mentales », explique le Dr Murali Doraiswamy, professeur de psychiatrie à l’Université de Duke en Caroline du Nord, principal auteur de l’étude. Ces travaux pourraient aider à expliquer cette plus grande vulnérabilité féminine à Alzheimer, une dégénérescence cérébrale irréversible liée à l’âge, estiment les chercheurs.

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Les résultats suggèrent qu’il pourrait y avoir des facteurs de risques génétiques spécifiques aux sexes pouvant agir sur le rythme de dégradations des capacités cognitives. « On sait déjà qu’il y a une transmission génétique possible de la maladie depuis 2011. On pourrait donc encore découvrir des particularités selon les sexes. Continuer nos recherches dans ce sens devient prioritaire », commente la directrice scientifique de LECMA vaincre Alzheimer, Dr Maïlli Panchal, qui pointe notamment que « l’anesthésie générale pourrait être une des causes de cette dégénérescence rapide car elle a un effet plus néfaste sur les femmes ».

Pour elle, cette étude reste toutefois à approfondir avant d’en tirer des conclusions. « Certes, ce sont des patients qui souffrent de troubles, mais cela peut être dû à d’autres causes (la dépression par exemple) : il faudrait qu’il n’y ait que des patients avec un risque "prouvé" pour être sûr de ce résultat », explique le Dr Maïlli Panchal.

Une avancée de la recherche

Si ces résultats sont bien confirmés, les recherches autour de la maladie pourraient considérablement avancer, notamment en matière de prévention. « On aurait enfin l’occasion de comprendre le début d’Alzheimer et programmer des IRM dans les régions atteintes du cerveau des femmes » explique le Dr Panchal. « A partir du moment où les cellules sont dans le cerveau on ne peut plus se débarrasser de la maladie, cette étude donne l’espoir de pouvoir la retarder et peut-être même un jour trouver comment l’éradiquer. », ajoute la directrice scientifique.