Sclérose en plaques: Un Français, en grève de la faim, pour pouvoir se soigner au cannabis

SOCIETE Atteint de sclérose en plaques évolutive depuis vingt ans et en fauteuil roulant depuis dix ans, Laurent Puisais a arrêté de manger voici huit jours...

20 Minutes avec agence

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Le médicament Sativex, à base de cannabis.
Le médicament Sativex, à base de cannabis. — DR

Atteint de sclérose en plaques évolutive depuis vingt ans et en fauteuil roulant depuis dix ans, Laurent Puisais s’indigne du blocage pour cause de « guerre des prix » du Sativex, un médicament antidouleur dérivé du cannabis qui devait débarquer dans les pharmacies françaises au premier trimestre 2015 (1).

Laurent Puisais a donc entamé, voici huit jours, une grève de la faim pour réclamer le droit d’atténuer ses douleurs avec ce spray buccal qui diffuse des cannabinoïdes. « Nous, les sclérosés, on doit attendre et souffrir, c’est une double peine. Ce combat, je ne le fais pas que pour moi. Je le fais pour tous les handicapés. Il a commencé il y a longtemps et il va être encore long », confie le malade au Figaro.

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« Aucun autre médicament ne produit cet effet-là »

A 52 ans, Laurent Puisais a déjà eu l’occasion de mesurer personnellement les effets du Sativex lors d’une première grève de la faim entamée en décembre 2012, alors que le procureur de la République lui refuse un traitement thérapeutique au Sativex déjà utilisé dans d’autres pays européens.

C’est une dame, atteinte de la même maladie et qui se fait prescrire le traitement en Angleterre, qui « refile » deux sprays à cet habitant de La Puye (Vienne). « C’est pratiquement instantané, on n’a plus de courbatures, et au bout de quelques minutes, on ressent une grande détente. (…) Aucun autre médicament ne produit cet effet-là. »

Convaincre de la différence entre le cannabis récréatif et le cannabis thérapeutique

Laurent, qui n’a plus que la motricité de son bras gauche, d’une partie de son torse et de sa tête, espère retrouver de la motricité grâce au Sativex. Et, avec sa grève de la faim, veut convaincre les autorités de la différence entre le cannabis récréatif et le cannabis thérapeutique.

Celui qui est formellement contre les produits chimiques qu’il juge « pourris » va d’ailleurs créer son association, S.E.Possible (lire « c’est possible », en référence à la Sclérose En Plaques), dans le but de promouvoir l’usage du Sativex qui aide, selon lui, à diminuer les effets de la maladie.

(1). Après plus d’un an de négociations, Almirall, le laboratoire qui commercialise le Sativex en Europe, et le Comité économique des produits de santé (CEPS), qui fixe le prix des médicaments dans l’Hexagone, ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur le prix de vente du Sativex en France.