Alimentation: Un régime riche en graisses saturées perturberait le fonctionnement du cerveau

SOCIETE Selon les chercheurs, l'huile d'olive est à privilégier à l'huile de palme...

20 Minutes avec agence

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Illustration malbouffe
Illustration malbouffe — VIDAL/ISOPIX/SIPA

Une alimentation trop abondante en graisses peut perturber le fonctionnement du cerveau. C’est ce qu’on peut conclure d’une étude canadienne, publiée ce 14 juillet dans la revue Neuropsychopharmacology

Troubles de l’humeur, toxicomanie et hyperphagie

Citée par Le Journal de Montréal, Stéphanie Fulton, chercheuse à l’Université de Montréal et au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) explique : « Nos recherches démontrent qu’indépendamment du gain pondéral et de l’obésité, une alimentation riche en gras saturés peut nuire au fonctionnement des circuits cérébraux étroitement associés aux troubles de l’humeur, à la toxicomanie et à l’hyperphagie ». 

Pour aboutir à cette conclusion, les chercheurs ont comparé le comportement de trois groupes de rats qui ont été nourris avec différents régimes alimentaires: régime riche en acides gras saturés dont la moitié provenait de l’huile de palme, régime riche en acides gras monoinsaturés avec 50 % d’huile d’olive et enfin régime pauvre en graisses.

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Augmenter les doses pour ressentir le même plaisir

Si après huit semaines les rats avaient un poids équivalent quel que soit leur régime, leur comportement a révélé des différences. Cécile Hryhorczuk, co-auteur de l’étude précise : « Nous avons établi que les rats qui avaient eu le régime à base d’huile de palme avaient une fonction dopaminergique moins efficace ». Autrement dit, la dopamine, impliquée dans la vigilance et la recherche du plaisir notamment, serait affectée. Aussi, plus on consommerait de gras saturé, plus il faudrait « en consommer davantage pour atteindre le même niveau de satisfaction », souligne Stéphanie Fulton.

C’est « un phénomène semblable à la tolérance aux drogues, qui fait que la personne doit augmenter la dose avec le temps pour obtenir le même effet » précise la chercheuse cité par Le Journal de Montreal. Autrement dit, plus on consomme de graisses saturées, moins on aurait de plaisir et plus on chercherait à en consommer pour augmenter le plaisir : un cercle vicieux.  

Dans la hiérarchie des acides gras, ce sont les monosaturés du type huile d’olive qui restent conseillés. Le groupe de rats en ayant consommé n’a montré aucun trouble du cerveau ni de l’humeur.