Alcool, cannabis, sport... La santé des étudiants est en petite forme

SANTE Selon la LMDE plus d'un etudiant sur deux déclare avoir été ivre au cours de l'année...

Claire Chédeville
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Illustration : un employé de la LMDE renseigne une étudiante.
Illustration : un employé de la LMDE renseigne une étudiante. — Vincent Wartner / 20 Minutes

Alcool, manque de soins et absence d’information sur les maladies sexuellement transmissibles, la santé des étudiants devient un enjeu très important. Une étude* de la LMDE, sécurité sociale des étudiants vient de révéler mercredi des chiffres plutôt inquiétants sur cette part de la population.

Un étudiant sur 2 concerné par l’alcoolisation ponctuelle importante

Plus de la moitié des étudiants consomme de l’alcool fréquemment à l’occasion de sorties ou de fêtes entre amis. 54 % déclarent avoir bu plus de 6 verres lors d’une soirée au cours de l’année, 33 % au cours du mois contre seulement 7 % au cours de la semaine. La plupart affirment boire régulièrement pour partager un moment de convivialité et pour se détendre, tandis que seulement 10 % s’alcoolisent pour ressentir les effets de la boisson.

La consommation du cannabis, elle, se banalise: près de 40% en ont déjà consommé, 12 % au cours du dernier mois, et 3% régulièrement, soit dix fois ou plus au cours des trente derniers jours.

Les étudiants voient l’alcool comme un moyen de se détendre

Plus d’un étudiant sur trois renonce à des soins

Alors que l’accès aux soins devient de plus en plus compliqué avec la pénurie des médecins généralistes, 33 % des étudiants ont abandonné l’idée d’avoir recours à des soins médicaux ces douze derniers mois. Environ 1 étudiant sur 4 a renoncé à toutes sortes de soins médicaux en raison du coût engendré.

Les étudiants sacrifient leur santé

Un déficit d’information sur la vie affective et sexuelle

78 % des personnes interrogées ont déjà eu des rapports sexuels au cours de leur vie. La majorité des étudiantes (77 %) utilisent la pilule comme moyen de contraception. Pourtant, elles considèrent être mal renseignées sur les autres méthodes proposées par les professionnels de santé.

Les infections sexuellement transmissibles et le VIH (SIDA) préoccupent moins les étudiants. Même si la majorité déclare se protéger, il reste une minorité d’étudiants (environ 12 %) qui n’utilisent jamais de préservatif lors d’un rapport sexuel. Cela pourrait être expliqué par un manque de prévention dans les universités. Ainsi, 39 % des étudiants estiment toujours être mal informés sur les IST, contre 15 % s’agissant du VIH/SIDA.

Un étudiant sur trois boude le préservatif

En 2015 seul 1 étudiant sur 2 a effectué un test de dépistage du sida au cours de sa vie. Alors que les recommandations de santé préconisent un dépistage du VIH, tous les six mois lorsque la personne n’a pas de partenaire stable.

Quant au sport, la moitié des étudiants ne pratique pas d'activité sportive régulière (au moins une fois par semaine), parmi eux un tiers ne fait jamais de sport. Une tendance plus marquée chez les femmes (37%) que chez les hommes (26%).

*L’enquête a été réalisée entre avril et juin 2014 auprès d’un échantillon de 25.000 étudiants de 18 à 25 ans et plus. Ils sont représentatifs de la population étudiante affiliée à la LMDE et ont été tirés au sort. L’enquête a permis de recueillir 4246 réponses, soit un retour de 17 %.