Consommation de drogue chez les jeunes: «L'écoute des parents est essentielle»

INTERVIEW La Journée internationale de lutte contre l'abus et le trafic de drogue a lieu ce vendredi…

Lison Lagroy
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Les parents doivent être vigilants.
Les parents doivent être vigilants. — Nelson Antoine/AP/SIPA

47,8 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà consommé du cannabis, qui reste la drogue la plus plébiscitée. C’est sans compter sur des drogues comme l’ecstasy, la cocaïne et les autres substances stimulantes… Le psychiatre Vincent Dodi, auteur du livre Guérir les addictions chez les jeunes, donne ses conseils aux parents qui pourraient être confrontés à cette situation.

Agir en amont

Pour Vincent Dodi, il est important de se poser des questions avant et de « mettre en place une prévention de base ». Trois étapes sont essentielles : toujours être dans le dialogue avec son enfant en s’interrogeant sur ses passions et sa vie au quotidien, rester vigilant, surtout s’il vit des situations difficiles (mauvaises notes, rupture amoureuse, harcèlement, mal-être…). Il est important que les parents ne « banalisent pas ces situations », qui peuvent parfois sembler sans importance. Enfin, les parents doivent montrer l’exemple à leur enfant, en ayant un comportement sain : « ne pas consommer devant le jeune, imposer des règles de vie et un rythme familial ». Toutes ces petites actions sont bénéfiques et aideront le jeune à ne pas tomber dans le piège de la drogue.

Nommer le problème

Les parents, en voulant protéger leur enfant, sont parfois dans le déni. Pourtant, le psychiatre précise qu’il est important de nommer le problème pour ensuite arriver à l’éradiquer. Une seule solution pour cela : le dialogue entre parents et enfants, qui aidera à la prise de conscience de la personne qui se drogue.

Avertir et se faire aider

Dans un premier temps, le docteur Dodi conseille d’avertir le médecin traitant du jeune, qui, en étant au cœur des dispositifs de santé, pourra l’accompagner dans son processus de changement. Les parents doivent également en parler aux « personnes relais » (copains-copines, professeurs, parrains-marraines, infirmières…) en qui le jeune à confiance. Cette relation est importante car il y a souvent « un rapport de force qui s’instaure avec les parents ». Là, c’est différent. Le jeune peut se confier plus facilement et finir par prendre conscience de son addiction si plusieurs personnes de son entourage, et pas seulement ses parents, lui en font part.

Dialoguer et ne pas donner d’ordres

Les parents doivent mettre le jeune en confiance en étant tout sauf injonctifs (« Ne fais pas ci, ne fais pas ça »), car cela aura tendance à le braquer.

En cas de besoin, vous pouvez contacter des associations comme Drogues Info Service ou l’Association Drogue et Jeunesse.