Santé: Faut-il instaurer la vaccination sur mesure?

SANTE Selon une étude publiée ce mercredi, l’efficacité des vaccins ne serait pas la même d’une personne à l’autre…

Anissa Boumediene

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Un nombre grandissant de Français s'interrogent sur le bien fondé de la vaccination
Un nombre grandissant de Français s'interrogent sur le bien fondé de la vaccination — Fred Tanneau AFP

Et si nous n’étions pas tous égaux face à la vaccination ? C’est, en substance, ce qui ressort d’une étude menée au sein de l’Hôpital privé Nord parisien (HPNP) de Sarcelles (Val-d’Oise). L’objectif n’est pas de remettre en cause son bien-fondé, mais d’envisager une vaccination individualisée.

Mesurer les anticorps dans le sang avant la vaccination

Au cours de l’étude, 144 volontaires, des salariés des différents services de l’hôpital à jour ou non dans leurs vaccins, se sont prêtés à une analyse sérologique pour mesurer les taux d’anticorps présents dans leur sang. Un moyen d’évaluer leur niveau de protection face aux maladies dont protègent les principaux vaccins (DTP, coqueluche, ROR, hépatite A et B, etc.) et qui sait, à terme, de personnaliser la vaccination de chacun en fonction des anticorps présents dans le sang.

Selon les résultats obtenus, 75 % des 144 volontaires testés disposent de suffisamment d’anticorps et sont déjà immunisés. Dans le détail, 63 % des volontaires sont protégés contre la polio, 93 % contre le tétanos, 63 % contre l’hépatite A et 78 % contre l’hépatite B. « Certains volontaires dont les rappels de vaccins sont anciens étaient encore immunisés, alors que d’autres, à jour dans leur calendrier vaccinal, n’étaient plus protégés. Et dans le deuxième cas, c’est potentiellement problématique », indique Ségolène Benhamou, PDG de l’HPNP.

Lancer une réflexion

« La vaccination est un acte de soin que l’on ne remet pas en cause, encore moins dans l’hôpital, où le personnel est obligé de se faire vacciner. L’objectif de cette étude est de lancer une réflexion sur les évolutions possibles et d’évaluer la vaccination en termes de bénéfices/risques ».

« C’est idiot ! », s’insurge Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations. « Les techniques pour doser les anticorps ne sont pas standardisées et varient d’un laboratoire à l’autre. Dans la plupart des cas, les résultats ne sont pas interprétables », poursuit-il. « Seuls des gens qui ne connaissent rien à la vaccination peuvent y croire. Le calendrier vaccinal existe pour assurer l’efficacité de la vaccination ».

« Pour l’heure, il ne s’agit que d’une piste, répond la PDG de l’HPNP de Sarcelles. Mais c’est intéressant de se demander si, après des études plus poussées, le degré d’immunisation ne devrait pas être pris en compte dans le calendrier vaccinal de chacun. Nous ne sommes pas là pour dire qu’il faut le faire, mais simplement parce que la question d’une vaccination personnalisée mérite d’être posée ».

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