Coronavirus MERS: Faut-il craindre son arrivée en France?

SANTE Aucune restriction de voyage n’a pour l’heure été décidée…

Anissa Boumediene

— 

Image du coronavirus MERS fournie par l'Institut national des maladies infectieuses.
Image du coronavirus MERS fournie par l'Institut national des maladies infectieuses. — Uncredited/AP/SIPA

Les autorités sanitaires ont annoncé mardi le décès d’un Allemand de 65 ans « des suites » d’une contamination par le coronavirus Mers. Le premier cas mortel lié à cette maladie depuis le début de l’année en Europe. Faut-il pour autant craindre une arrivée du virus en France ? Les autorités sont-elles préparées en cas de contamination ? 20 Minutes fait le point.

Un « signal d’alarme »

Le patient allemand est mort le 6 juin d’une maladie des poumons consécutive à l’action du virus Mers, a précisé le ministère de la Santé de Basse-Saxe. Le sexagénaire était revenu en février d’un séjour aux Emirats arabes unis. C’est là qu’il a « probablement » contracté ce virus, en visitant un marché aux animaux où il a vraisemblablement été en contact avec des dromadaires, connus pour être porteurs du Mers.

La Corée du Sud, où sévit l’épidémie la plus étendue en dehors de l’Arabie saoudite, a annoncé mercredi un vingtième décès dû au coronavirus Mers, alors que huit nouvelles contaminations ont été recensées. « C''est réellement un signal d’alarme pour tous les pays », a déclaré Keiji Fukuda, directeur général adjoint de l’OMS pour la sécurité sanitaire, appelant « tous les pays à se préparer » à de telles épidémies.

Pas de restrictions de voyage

Le Comité d’urgence de l’OMS sur le coronavirus Mers, qui a tenu mardi une réunion d’urgence, n’a toutefois pas décidé que la situation constitue une urgence de santé publique de portée internationale. L’OMS « ne recommande aucune restriction de voyage ou d’échange et considère que le dépistage systématique n’est pour l’heure pas nécessaire ».

« Le cas allemand ne change rien. On ne peut pas empêcher l’arrivée d’un cas de coronavirus Mers sur le territoire, mais un dispositif a été mis en place en France dès le début de l’épidémie au Moyen-Orient pour bloquer la chaîne de transmission du virus », explique Daniel Levy-Bruhl, médecin épidémiologiste à l’Institut de veille sanitaire (InVS), qui intervient dans la détection des cas suspects.

Les autorités françaises préparées

Aéroports, médecins généralistes et hôpitaux sont informés de la marche à suivre. Idem pour les voyageurs qui reviennent d’un pays touché par la maladie. « Les autorités françaises sont préparées, le dispositif mis en place dans le pays est coûteux en énergie et en ressources mais il nous préserve de la situation sud-coréenne », assure l’épidémiologiste.

Si une personne présente les symptômes du coronavirus Mers dans les quinze jours suivant son retour d’un pays à risques, elle est immédiatement prise en charge, hospitalisée et placée en isolement le temps que des tests soient menés. « Au besoin, la procédure prévoit le placement en quarantaine de l’entourage du patient, détaille-t-il. Nous sommes réactifs et confiants. Il faut bien sûr rester vigilant mais il n’y a pas de risques d’épidémie en France ».

La péninsule arabique constitue le principal foyer de la maladie, avec plus de 950 personnes contaminées et 412 décès depuis 2012 en Arabie Saoudite. Mais l’épidémie a aussi fait 20 morts en Corée du Sud, depuis qu’un premier patient a été diagnostiqué porteur du virus dans ce pays le 20 mai à son retour d’un voyage en Arabie saoudite. A ce jour, il n’existe aucun vaccin ou traitement pour le coronavirus Mers.