Anesthésie générale: Des effets néfastes sur le cerveau des enfants

SOCIETE Les auteurs de l’étude recommandent de recourir à des alternatives…

20 Minutes avec agence

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Un bloc opératoire
Un bloc opératoire — Patrick Valasseris afp.com

Lorsqu’elles sont pratiquées sur des très jeunes enfants, les anesthésies générales auraient des effets néfastes sur leurs cerveaux, notamment sur les capacités cognitives, selon une étude publiée ce lundi dans la revue Pediatrics.

Selon les chercheurs du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center (Ohio), une anesthésie générale effectuée avant l’âge de 4 ans diminuerait, en plus des capacités d’apprentissage, le quotient intellectuel (QI) de l’enfant, entraînant, de ce fait, une baisse de densité de la matière grise dans les régions postérieures du cerveau précise Le Figaro.

Une baisse du quotient intellectuel

Pour parvenir à ce constat, les scientifiques se sont penchés sur le cas de 106 jeunes de 5 à 18 ans aux profils socio-économiques similaires. Pour mesurer les effets de l’anesthésie, les scientifiques leur ont fait passer une série de tests. A noter que la moitié des enfants avaient subi une intervention chirurgicale avant l’âge de 4 ans tandis que l’autre n’avait pas d’antécédents chirurgicaux. Les chercheurs ont ainsi constaté des résultats moins bons chez les enfants ayant subi une opération nécessitant une anesthésie générale avant l’âge de 4 ans, se matérialisant par une baisse de 5 à 6 points du quotient intellectuel.

« Nous pourrions certainement envisager d’autres méthodes, y compris l’hypnose, pour les procédures les plus indolores »

Andreas Loepke, responsable de l’étude et anesthésiste à l’hôpital pour enfants de Cincinnati a commenté les résultats de l’étude. Cité par le quotidien, il explique : « Nous devons tout faire pour ne pas regretter, dans dix ou vingt ans, de ne pas avoir suffisamment amélioré la sécurité des enfants qui subissent une chirurgie ».

Selon lui, les résultats de l’étude pourraient permettre d’évaluer de manière plus précise le risque ou le bénéfice de ce type d’intervention mais également d’envisager, à terme, des alternatives : « Nous pourrions certainement envisager d’autres méthodes, y compris l’hypnose, pour les procédures les plus indolores. Cependant, je ne pense pas que la grande majorité des procédures se prêtent à ces techniques. Pour les interventions complexes, l’approche la plus sage serait de doser au plus juste la quantité de produit et de privilégier les anesthésies locales ».

>> L’hypnose s’invite dans les blocs opératoires

Malgré ces résultats, Andreas Loepke, qui se veut rassurant, indique que l’anesthésie est une pratique très sûre, dont le taux de mortalité reste très bas. Il conclut : « Il n’y a aucune raison de paniquer. Apporter des changements drastiques dans la prise en charge anesthésique, pourrait causer plus de mal que de bien ».