Vaccination: Vers la fin des aiguilles

SOCIETE Des chercheurs de l'Inserm ont réussi à vacciner des souris contre le mélanome grâce à un laser...

20 Minutes avec agence

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Illustration d'un vaccin, le 20 octobre 2009.
Illustration d'un vaccin, le 20 octobre 2009. — FRANCOIS GUILLOT

Une bonne nouvelle pour tous les bélénophobes, ces personnes qui ont la phobie des aiguilles. Les chercheurs de l’Inserm ont récemment mis au point un nouveau procédé de vaccination permettant de se passer d’aiguille et d’adjuvant.

« Actuellement, un vaccin est injecté avec une aiguille qui traverse le derme et libère la solution vaccinale dans l’hypoderme ou dans le muscle. On court-circuite donc le derme et son réseau très dense de cellules dendritiques (…). Nous voulions cibler spécifiquement ces cellules dendritiques du derme afin de stimuler la réponse immunitaire », explique Bernard Malissen, co-auteur de ces travaux dans un communiqué publié ce lundi.

Un vaccin efficace en prévention et en thérapie

Pour tester le vaccin, les chercheurs ont eu recours à un appareil laser, fréquemment utilisé en esthétique et cosmétique, générant des micropores dans la couche externe de l’épiderme : ils ont exposé la peau de souris à ce rayon puis ont appliqué localement la solution vaccinale.

Au final, l’expérimentation, menée sur des souris présentant un mélanome et des animaux en bonne santé, s’est révélée concluante : la vaccination a arrêté la progression de la tumeur dans un premier groupe de souris présentant le mélanome et a protégé le second groupe, en bonne santé, contre le cancer.

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Des essais cliniques sur l’homme pourraient être envisagés

« Le vaccin a donc été efficace en prévention et en thérapie, malgré l’absence d’adjuvant habituellement indispensable pour stimuler la réponse immunitaire en cas de vaccination contre le cancer. Peut-être que l’application du laser provoque une légère inflammation locale qui attire des cellules immunitaires (de type monocytes et granulocytes), potentialisant la réponse générée par le vaccin. Nous sommes en train de vérifier cela ». indique Bernard Malissen.

Plusieurs laboratoires se sont déjà manifestés pour poursuivre le développement de ce projet et mener des essais cliniques sur l’Homme.