Une mère accouche après une greffe de tissus ovariens prélevés avant la puberté

SOCIETE Les tissus ovariens avait été prélevés et congelés avant un traitement par chimiothérapie...

20 Minutes avec agences
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Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire.
Illustration d'une intervention chirurgicale en bloc opératoire. — 20 MINUTES/SIPA

Une jeune femme de 27 ans est devenue la première au monde à avoir un bébé après la restauration de sa fertilité grâce à la transplantation de ses propres tissus ovariens prélevés et congelés avant la puberté, selon une étude parue ce lundi dans la revue spécialisée Human Reproduction.

35 naissances dans le monde

Selon l’équipe médicale du Laboratoire de recherche en reproduction humaine de l’Hospital Erasme (qui dépend de L’Université Libre de Bruxelles) emmenée par Dr Isabelle Demeestere (gynécologue), on compte, dans le monde au moins 35 naissances après ce type d’autogreffes de tissus. Cependant, ceux-ci avaient été prélevés chez des femmes adultes, aucune à la suite de prélèvements avant la puberté. Aussi la capacité de tissus ovariens immatures à produire des ovocytes fonctionnels restait à prouver.

Chez cette patiente, née en République du Congo, une anémie falciforme ou drépanocytose (1) a été diagnostiquée alors qu’elle avait 5 ans. Après son émigration en Belgique à l’âge de onze ans, les médecins ont décidé que sa maladie était si sévère qu’elle devait être traitée avec une greffe de moelle osseuse, son frère pouvant être donneur.

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Une maladie qui a conduit au retrait d’un ovaire

Afin d’éviter un rejet de la greffe de moelle, la procédure requiert un traitement préalable consistant habituellement en une chimiothérapie ou une radiothérapie, qui peuvent détruire de façon permanente le fonctionnement des ovaires. C’est pourquoi, avant de lui administrer la chimiothérapie, quand elle avait 13 ans et onze mois, les médecins belges lui ont enlevé l’ovaire droit et en ont congelé des fragments.

Après le succès de la greffe de moelle, la patiente a dû continuer les médicaments immunosuppresseurs durant les 18 mois qui ont suivi en raison d’une réaction du greffon contre l’hôte. L’ovaire laissé en place étant défaillant, quand elle a eu 15 ans, un traitement hormonal substitutif lui a été prescrit.

Réimplanter des tissus ovariens congelés 14 ans plus tôt

Dix ans plus tard, elle a exprimé le désir d’avoir un enfant. Pour restaurer sa fertilité, les médecins ont décongelé une partie des tissus ovariens et lui en ont ré-implanté quatre fragments sur l’ovaire gauche laissé en place et onze autres, dans d’autres endroits de son corps. Les tissus greffés ont pu produire des ovocytes matures. Mais l’infertilité de son partenaire d’alors a repoussé son projet d’enfant.

Plus de deux ans après sa transplantation, elle est devenue enceinte naturellement, avec un nouveau partenaire, à l’âge de 27 ans et a donné naissance à un garçon en bonne santé (3,140 kilos), en novembre 2014.

 

(1) La drépanocytose affecte l’hémoglobine des globules rouges. Cette maladie génétique très répandue se manifeste notamment par une anémie, des crises douloureuses et un risque accru d’infections. Les traitements actuels ont permis d’augmenter grandement l’espérance de vie des patients affectés, mais ils restent limités précise l’Inserm.