Coronavirus MERS en Corée du Sud: «Tout est fait en France pour éviter une propagation du virus»

SANTE Un expert de l'institut Pasteur réagit aux nouveaux décès causés par le virus en Corée du Sud...

Propos recueillis par Anissa Boumediene

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Image du coronavirus MERS fournie par l'Institut national des maladies infectieuses.
Image du coronavirus MERS fournie par l'Institut national des maladies infectieuses. — Uncredited/AP/SIPA

Le ministère sud-coréen de la Santé a annoncé ce mardi que deux personnes infectées par le coronavirus MERS sont mortes dans le pays. Au total, 25 cas confirmés ont été recensés en Corée du Sud et plus de vingt pays ont été touchés par ce virus. Faut-il craindre une arrivée du coronavirus MERS en France ? Vincent Enouf, virologue et directeur adjoint du Centre national de référence de la grippe à l’Institut Pasteur, répond aux questions de 20 Minutes.

Qu’est-ce que le coronavirus MERS et quels sont les symptômes ?

C’est un virus respiratoire, dont les symptômes et le mode de transmission sont proches de ceux de la grippe. Les patients peuvent avoir de la fièvre, tousser et éprouver essoufflements et difficultés respiratoires. Pour certaines personnes, c’est comme un rhume, mais dans les cas les plus sévères, cela peut entraîner une pneumonie, une insuffisance rénale, voire entraîner la mort.

Vraisemblablement, le coronavirus MERS est plus virulent sur les personnes fragiles. Les cas graves concernent généralement des personnes âgées et/ou atteintes de maladies chroniques. Celles qui sont jeunes et en bonne santé se sont le plus souvent remises rapidement. Mais chaque cas est particulier.

D’où vient ce virus et comment se transmet-il ?

On en connaît mal la source, mais on sait qu’il est apparu en 2012 en Arabie saoudite, où il a coûté la vie à plusieurs centaines de personnes. Coronavirus MERS (middle east respiratory syndrome) est le nom que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lui a donné parce qu’il vient du Moyen-Orient.

Dans son mode de transmission, il est là encore similaire au virus de la grippe. C’est une diffusion aéroportée, par gouttelettes : si une personne infectée tousse, elle peut potentiellement contaminer les personnes autour d’elle. C’est notamment ce qui s’est passé en France en 2013. Un homme de 65 ans, dont le coronavirus MERS n’avait pas encore été diagnostiqué, a contaminé le patient qui partageait sa chambre d’hôpital.

Doit-on craindre des cas de coronavirus en France ? Est-ce risqué et quelle serait la marche à suivre ?

Il n’y a aujourd’hui pas de restrictions de voyage vers le Moyen-Orient, mais les autorités sanitaires sont vigilantes. En revanche, il y a un temps d’incubation, qui peut varier entre cinq et quatorze jours, au cours duquel une personne infectée est asymptomatique. Potentiellement, elle pourrait passer les barrages assez facilement et devenir le point zéro d’une propagation.

Par ailleurs, il n’existe à ce jour aucun traitement ou vaccin contre le coronavirus MERS. Il faut donc, comme pour toutes les maladies infectieuses, prendre des précautions d’usage, notamment en se lavant soigneusement les mains. Si une personne qui rentre de la péninsule arabique commence à présenter des symptômes grippaux, elle doit consulter immédiatement son médecin pour être prise en charge au plus vite. Elle doit être hospitalisée dans une chambre isolée pour éviter toute contamination.

Mais il ne faut pas être alarmiste. En France, comme dans la plupart des pays développés, tout est fait pour éviter une propagation du coronavirus MERS et les hôpitaux sont préparés à l’accueil de personnes contaminées.