De nouveaux médicaments coûteux pourraient éradiquer l'hépatite C en 10 ans

MALADIE Les taux de guérison atteigent 95% en trois mois contre 70% auparavant...

20 Minutes avec AFP

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Une boîte de Sovaldi, un médicament destiné à soigner les malades de l'hépatite C.
Une boîte de Sovaldi, un médicament destiné à soigner les malades de l'hépatite C. — Uncredited/AP/SIPA

Vers la fin de l’hépatite C en France? L’arrivée de nouveaux médicaments, très coûteux, permet d’envisager l’éradication de cette maladie, cause de cirrhoses et de cancers du foie., dans les dix ans à venir, selon les représentants d’une société savante.

« Nous sommes passés de traitements lourds et longs, avec des effets indésirables et des taux de guérison de l’ordre de 70 % à des traitements simples (un ou deux comprimés administrés par voie orale), courts, bien tolérés et qui assurent des taux de guérison de plus de 95 % le plus souvent en seulement trois mois », a souligné vendredi le Pr Victor de Lédinghen (CHU de Bordeaux), secrétaire général de l’Association française pour l’étude du foie (AFEF).

« Plus il y aura de molécules, plus cela fera baisser les prix »

La panoplie des nouveaux médicaments disponibles en France, des antiviraux d’action directe (AAD), parmi lesquels le Solvadi, ne cesse de s’agrandir. Au nombre de 7 actuellement, ils seront bientôt 9 (avec la combinaison grazoprevir + elbasvir du laboratoire américain Merck).

« Plus il y aura de molécules, plus cela fera baisser les prix » de ces traitements encore très coûteux aujourd’hui, dit-il, en évoquant d’autres molécules attendues (beclabuvir de BMS et GS-5816 de Gilead) en 2016. « C’est la première fois dans l’histoire de la médecine qu’on peut guérir une maladie chronique grâce à un traitement médical de 3 mois sans effets indésirables sévères », se réjouit le Pr Victor de Lédinghen.

Avec 14.000 patients traités grâce à ces nouvelles molécules en 2014, et sans doute plus de 15.000 en 2015, ce sont en deux ans 30.000 malades les plus sévèrement atteints qui ont été traités en deux ans. Les autres devront progressivement en profiter, selon cette société française d’hépatologie, qui émet de nouvelles recommandations thérapeutiques.

230.000 personnes ont une infection chronique active

Les spécialistes conseillent notamment de faire accéder à ces traitements tous les patients atteints de fibrose, modérée à sévère (une marque des dommages subis par le foie) ou de cirrhoses, de cibler les patients infectés par un type plus agressif du virus (le « génotype 3 ») ainsi que ceux à risques élevés de transmettre l’infection (usagers de drogue, détenus…).

En France métropolitaine, 230.000 personnes ont une infection chronique active (avec multiplication du virus décelable dans le sang). La maladie évolue le plus souvent silencieusement et le dépistage est généralement tardif, ce qui explique que seule la moitié des sujets infectés connaît son statut sérologique.