Cancer de la peau: «Le dépistage précoce du mélanome est capital»

SANTE Ce jeudi, 220 centres de dépistage ouvrent gratuitement leurs portes...

Anissa Boumediene

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Illustration de jeunes femmes en train de se faire bronzer au soleil.
Illustration de jeunes femmes en train de se faire bronzer au soleil. — LNP/REX Shutterstock/SIPA

Il n’est pas le plus fréquent mais il est le plus grave des cancers de la peau : le mélanome. Ce cancer qui ressemble à un grain de beauté et qui entraîne des métastases dans 20 % des cas. A l’occasion de la 17e journée de prévention et de dépistage des cancers de la peau ce jeudi, il est possible de se rendre gratuitement dans l’un des 220 centres de dépistage des cancers de la peau. Caroline Robert, directrice du service de dermatologie de l’Institut Gustave Roussy à Villejuif, insiste sur l’importance du dépistage précoce de la maladie.

Qui est concerné par le mélanome et comment le prévenir ?

Tout le monde n’est pas égal face au risque de développer un mélanome. Les personnes qui ont la peau claire, les yeux clairs, qui prennent facilement des coups de soleil et qui ont beaucoup de grains de beauté ou de taches de rousseur ont plus de risques que celles qui ont la peau mate ou noire.

Les personnes exposées au soleil pour des raisons professionnelles ou dans le cadre de leurs loisirs sont aussi des personnes à risques. Il y a aussi un facteur génétique : ceux qui ont un antécédent de mélanome, qui en ont déjà eu un ou qui ont des précédents dans leur famille doivent être vigilants.

Comment le prévenir et le dépister ?

Il y a une prévention primaire qui consiste à éviter les facteurs de risques, au premier rang desquels figure le soleil. Il ne faut pas s’exposer de manière prolongée, aux heures les plus chaudes de la journée et sans protection (crème, vêtements et chapeau). Il ne faut pas prendre de coups de soleil et ne surtout pas faire d'UV. D’ailleurs, les hommes chauves doivent veiller à se couvrir le crâne, qui est une porte d’entrée au cancer de la peau lorsqu’il n’est pas protégé du soleil.

Ensuite, il s’agit de se surveiller. Avec le collectif Ensemble contre le mélanome, nous avons un slogan : « Connaître sa peau pour sauver sa peau ». On demande souvent à nos patients : « Savez-vous combien de grains de beauté vous avez dans le dos ? ». Il est primordial de s’autodépister, de surveiller ses grains de beauté, de contrôler leur multiplication ou leur évolution. Et même de les prendre en photo. Des photos que l’on peut ensuite montrer à son dermatologue lors de consultations de contrôle, où il va examiner les grains de beauté du patient. S’il y en a un de suspect, il pratique une exérèse, qui consiste à retirer le grain de beauté et à l’analyser au microscope.

Quelle est l’importance de la précocité du dépistage ?

Chaque année, plus de 9.000 cas de mélanome sont diagnostiqués, et plus de 1.600 personnes en meurent. Avec le temps, s’il n’est pas diagnostiqué et traité, le mélanome progresse en taille et en épaisseur, et là le risque métastatique augmente, et le pronostic vital est engagé. Or moins le mélanome a touché le derme, moins il a été en contact avec les vaisseaux sanguins et lymphatiques, et moins le risque de dissémination est important. Un dépistage précoce* est donc capital.

Lorsqu’il est pris en charge assez tôt, le mélanome se traite seulement par exérèse, sans chimiothérapie ou radiothérapie pour le patient.

* Plus d'informations sur vaincrelemelanome.fr