Désertification, coûts élevés… L’accès aux soins reste problématique pour de nombreux Français

SANTE La Fédération Hospitalière de France (FHF) publie ce mercredi la deuxième édition l’Observatoire de l’égalité d’accès aux soins…

C.P.
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Illustration: carte vitale chez le médecin.
Illustration: carte vitale chez le médecin. — Nicolas MESSYASZ/SIPA

Se soigner n’est pas toujours simple en France. Même si l’accès aux soins médicaux (6,1/10) reste considéré comme bien plus facile que celui au travail (4.3/10) ou au logement (4,8/10), « cela reste relativement faible compte tenu du fonctionnement de notre système de santé », constate la Fédération Hospitalière de France (FHF) dans la 2e édition de son Observatoire de l’égalité d’accès aux soins réalisée par l’institut Ipsos.*

Près d’un Français sur deux a renoncé à se soigner

Au total, 54 % des Français évaluent cet accès à la santé par une note inférieure à 7/10, une proportion toutefois en léger recul par rapport à la vague précédente (57 % en 2014), poursuit l’enquête.

Parmi les principaux freins à l’accès aux soins, le manque de professionnels de santé arrive en tête, avec en toile de fond d’importantes inégalités géographiques. Ainsi, si 69 % des Français ont déjà eu du mal à trouver un professionnel disponible dans un délai acceptable (+1 point par rapport à 2014), et si 65 % estiment qu’il n’y pas assez d’hôpitaux, cette proportion atteint 71 % dans les communes en milieu rural.

Autre limitation à l’accès aux soins : leur coût. Selon ce sondage, 48 % des Français ont déjà renoncé à consulter ou réaliser des soins ou des examens pour des raisons financières, une proportion qui atteint 53 % chez les parents.

Plus d’investissements, autant de remboursements

Face à cette situation, 71 % des sondés se disent favorables à réforme permettant une répartition équitable des médecins sur le territoire, quitte à leur imposer un lieu d’exercice. Et face aux menaces (notamment économiques) qui pèsent selon eux sur l’hôpital public français (89 % le jugent en danger) une majorité plaide pour qu’il devienne « un domaine d’investissement prioritaire pour le gouvernement » (60 %).

En revanche, les Français sont massivement opposés à une réduction des niveaux remboursements de l’assurance maladie (75 %) ou à l’augmentation du niveau de cotisation aux mutuelles (74 %). Par ailleurs, « plus de 6 Français sur 10 jugent ni souhaitable ni indispensable de diminuer les remboursements de la Sécurité sociale et d’augmenter la part prise en charge par les mutuelles (61 %) », note l’enquête.

*Enquête réalisée sur internet du 10 au 16 avril 2015 auprès d’un échantillon de 1.001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas)