Acheter des lunettes sans passer par la case ophtalmologue sera possible

OPHTALMOLOGIE Il n'y aura plus besoin d'ordonnance pour acquérir des verres correcteurs...

20 Minutes avec AFP

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Examen ophtalmologique d'un patient a l'hopital
Examen ophtalmologique d'un patient a l'hopital — WIDMANN PETER/TPH/SIPA

Exit les ordonnances. Le Sénat a validé dans la nuit de vendredi à samedi un article additionnel à la loi Macron sur la modernisation de l'économie, introduit en commission, autorisant l'achat de verres correcteurs sans prescription.

Yannick Vaugrenard (PS) a rappelé qu'à l'occasion de la loi sur la consommation, la gauche avait lié la délivrance de verres correcteurs par les opticiens «à l'existence d'une prescription médicale en cours de validité». Mais pour son auteur, la corapporteur Dominique Estrosi Sassone, le nouvel article va plus loin en supprimant «l'obligation absolue de posséder une ordonnance pour se voir délivrer des verres correcteurs».

Pas de danger pour les ophtalmologues

«On peut rassurer les auteurs des amendements de suppression et les 5.800 ophtalmologues», a-t-elle ajouté. «Durant 70 ans, période durant laquelle cette obligation ne s'imposait pas, les patients ont continué de consulter des ophtalmologistes». Et elle a estimé que la France ne pouvait pas être «le seul pays de l'Union européenne à refuser une paire de lunettes à un client chinois ou américain qui a cassé la sienne».

Avant elle, Brigitte Gonthier-Maurin (Communiste, républicain et citoyen, CRC) avait relayé les inquiétudes des ophtalmologistes «qui craignent de voir disparaître leur activité avec cet article».

«Le risque est surtout sanitaire», a poursuivi l'élue communiste. «Seuls les ophtalmologistes peuvent détecter des maladies asymptomatiques aux conséquences irréversibles, tels le glaucome ou la rétinopathie diabétique». Et comme les délais d'un rendez-vous chez l'ophtalmologiste sont très longs, «la solution est de relever le numerus clausus et d'interdire les dépassements d'honoraires», a-t-elle dit.

Cet article doit encore recevoir l'aval de l'Assemblée nationale pour pouvoir entrer en vigueur.

Quelque 1.700 amendements ont été déposés au Sénat sur l'ensemble du projet de loi Macron dont l'examen va durer jusqu'au 18 avril. Il fera l'objet d'un vote solennel le 6 mai. Le gouvernement a demandé la procédure accélérée, c'est-à-dire une lecture par chambre.