Autriche: Plus de tabac dans les cafés et restaurants en 2018

EUROPE La décision, contestée, mettra fin à une exception en Europe...

20 Minutes avec AFP
— 
Illustration: le tabac en terrasse.
Illustration: le tabac en terrasse. — F.LEPAGE/SIPA

A l'Est, on respire. Après de longues années de débat, l'Autriche va mettre fin à une exception en Europe en interdisant le tabac dans les cafés et les restaurants à partir de 2018, a annoncé vendredi le gouvernement. «Nous sommes enfin entrés en Europe en matière de protection des non-fumeurs», s'est réjouie la ministre de la Santé Sabine Oberhauser.

La législation actuelle, qui date de 2009, interdit la cigarette dans les lieux publics, mais prévoit une longue série d'exceptions, en particulier pour la restauration. Elle est en outre très peu respectée, comme l'a reconnu le gouvernement.

Bureau de tabac à l'hôpital

La future interdiction concernera aussi la cigarette électronique. Le plan épargne en revanche les hôtels, qui pourront conserver une salle fumeurs, mais sans qu'on puisse y servir de consommations.

Malgré de premières lois anti-tabac datant de 1992, l'Autriche reste un pays où nombre de centres commerciaux prévoient des espaces ouverts aux fumeurs, et où la présence d'un bureau de tabac dans un hôpital, par exemple, n'est pas rare. La petite république alpine est aussi l'un des pays d'Europe occidentale où le prix du paquet de cigarettes est le plus bas.

Un tiers de la population autrichienne est fumeuse, selon le dernier baromètre européen réalisé début 2012, contre 28% en moyenne dans l'UE.

Décision très contestée

La décision de la coalition centre-gauche / centre-droit s'accompagne d'une incitation fiscale pour les cafés et restaurants qui décideront d'interdire de fumer dès 2016.

Elle est toutefois très contestée par le secteur de la restauration, qui met en avant les investissements consentis ces dernières années pour créer des zones séparées dans les établissements. La chambre de commerce autrichienne (WKÖ) a déjà annoncé qu'elle étudiait la possibilité d'une plainte devant la cour constitutionnelle.