Le surpoids protègerait contre Alzheimer

ETUDE Le coordinateur de l'étude est lui-même incapable d'expliquer ces résultats...

20 Minutes avec agence

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Illustration: Obésité abdominale.
Illustration: Obésité abdominale. — Francis Dean/REX/REX/SIPA

L'obésité augmente-t-elle ou protège-t-elle des risques d'Alzheimer? Une étude britannique* (lire l'encadré ci-dessous), publiée ce vendredi et allant à l'encontre de précédents travaux, indiquerait ainsi que les personnes maigres présenteraient finalement plus de risques de développer des démences par rapport aux individus de poids normal ou obèse.

Jusqu'ici pourtant, les recherches scientifiques avaient plutôt établi un lien entre le surpoids et les démences (dont Alzheimer) qui affectent près de 50 millions de personnes dans le monde, en très grande majorité des personnes âgées.

Obésité morbide et risque diminué

Cette dernière étude, publiée par la revue médicale The Lancet Diabetes and Endocrinology, va donc à contre-courant, démontrant au contraire que les personnes de 40 à 55 ans à l'indice de masse corporel (IMC) inférieur à 20 présente un risque accru de 34% de présenter des démences plus tard dans leur vie, par rapport à celles affichant un IMC normal (entre 20 et 25).

Plus étonnant encore, les personnes atteintes d'obésité morbide (IMC supérieur à 40) disposent, elles, d'un risque de démence diminué de 29% par rapport aux personnes de poids normal.

Lien entre augmentation de l'IMC et baisse du risque de démence

Toujours en comparant leurs réserves de données et en ajustant les résultats pour tenir compte d'autres facteurs de risques (comme l'alcool ou le tabac), les chercheurs ont donc pu établir un lien entre l'augmentation de l'IMC et l'abaissement progressif du risque de démence.

Le Dr Nawab Qizilbash, l'épidémiologiste qui a coordonné l'étude, avoue être, à ce jour, incapable d'expliquer ces résultats: «De nombreux facteurs tels que le régime alimentaire, l'activité physique, la fragilité, les facteurs génétiques ou les modifications de poids liées à d'autres pathologies pourraient jouer un rôle.» Hors de question, donc, d'en venir à conseiller aux maigres de prendre du poids.

*L'étude s'est appuyée sur les dossiers médicaux de près de 2 millions de Britanniques d'âge moyen (âge médian de 55 ans au début de l'étude) et un IMC moyen de 26. Ils ont été suivis pendant une période maximum d'une vingtaine d'années durant lesquelles 45.507 ont fait l'objet d'un diagnostic de démence.