L’incontinence urinaire touche aussi les jeunes femmes sportives sans enfant

SANTE Cette pathologie touche davantage les femmes que les hommes...

Anissa Boumediene

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A Kiev, des passants sont invités par des artistes à s'assoir sur des toilettes décorés et penser aux problèmes induits par la crise économiques, Ukraine, le 27 mai 2009.
A Kiev, des passants sont invités par des artistes à s'assoir sur des toilettes décorés et penser aux problèmes induits par la crise économiques, Ukraine, le 27 mai 2009. — S. SUPINSKY / AFP

Ils sont 4,5 millions à en souffrir fréquemment en France. Taboue, l'incontinence urinaire peut empoisonner le quotidien. A l’occasion de la Semaine de la continence, qui a lieu jusqu’au 5 avril, 20 Minutes décrypte ce trouble qui peut facilement se guérir.

Qui est concerné?

Injustice parmi les injustices, l’incontinence est, comme la constipation, un mal qui touche majoritairement les femmes. Plus des deux tiers d’entre elles (68 %) connaîtront au moins un épisode de fuites urinaires au cours de leur vie, contre un tiers des hommes. En France, 3,5 millions de femmes souffrent fréquemment d’incontinence urinaire, pour un million d’hommes.

Et si la prévalence de l’incontinence urinaire augmente avec l’âge et la maternité, une autre catégorie de personnes est touchée par ces troubles: les jeunes femmes sportives qui n’ont pas encore d’enfant. «Mais jamais une femme ne vient me voir parce qu’elle est incontinente. Pour les gens, c’est associé à la dégénérescence, c’est un problème gériatrique», révèle le Dr François Haab, urologue.

Qu’est-ce que c’est l’incontinence ?

«L’incontinence se définit par des fuites urinaires entraînant un retentissement social ou hygiénique. Mais il y a plusieurs incontinences», expose l’urologue.

La forme la plus gênante est l'hyperactivité vésicale, qui se manifeste par la survenue d'envies pressantes, intempestive, immaîtrisables et pas une forte augmentation du nombre de mictions. Il y a aussi l'incontinence à l'effort, due à une faiblesse du périnée, et qui touche les femmes plus âgées, certaines mères, les personnes obèses et aussi une part non négligeables de femmes sportives, dynamiques, jeunes et qui n'ont pas encore eu d'enfant. Pour ces dernières, l'explication est simple: plus elles sont musclées, plus le ventre est rigide et exerce une pression sur le périnée.

Rire, danser, éternuer, porter une charge et même tousser: pour toutes les femmes souffrant de troubles urinaires, une multitude de gestes anodins peut provoquer des fuites, tout comme le simple fait de se lever.

Existe-t-il des traitements efficaces?

«La première des solutions est de faire de la rééducation pour renforcer son périnée», préconise le Dr Haab. Plusieurs techniques sont disponibles, dont celle de la sonde intra cavitaire. Mais une nouvelle venue vient d'apparaître sur le marché de la rééducation périnéale, appelée Femifree. Particularité de cette technique, basée sur l'électrostimulation: elle n’est pas invasive. «Le dispositif renforce tout le plancher pelvien: le périnée et les sphyncters (urinaire et anal). Et, petit plus, des patientes qui l'ont testée ont confié, en plus d'avoir réglé leur problème d'incontinence, avoir une augmentation de leur plaisir sexuel à l'issue de la rééducation», précise le Dr Haab.