Don de moelle osseuse: «Pour moi, c'est un engagement citoyen»

INTERVIEW Alors que l'Agence de la biomédecine recherche des volontaires, David Cousin explique pourquoi il a franchi le cap...

Propos recueillis par Anissa Boumediene

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Illustration d'un donneur à l'Etablissement français du sang (EFS).
Illustration d'un donneur à l'Etablissement français du sang (EFS). — F. DURAND/SIPA

Une chance sur un million. C'est la probabilité de trouver un donneur compatible avec un malade en attente d'une greffe de moelle osseuse. A l'occasion de la Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, du 29 mars au 4 avril, l'Agence de la biomédecine espère recruter 18.000 nouveaux donneurs, aux côtés des près de 240.000 déjà inscrits sur le registre France Greffe de Moelle. David Cousin, jeune aide à domicile de 38 ans, a franchi le cap et raconte son expérience de donneur à 20 Minutes.

Qu'est-ce qui vous a poussé à vouloir faire don de votre moelle osseuse?

Je donne régulièrement mon sang depuis plusieurs années. Il y a trois ou quatre ans, un jour où je m'étais rendu à l'Etablissement français du sang (EFS), une équipe était présente pour sensibiliser au don de moelle osseuse et ça m'a tout de suite parlé. Ensuite, j'ai fait quelques recherches sur le site Internet dédié pour avoir des informations supplémentaires, j'ai rempli le questionnaire et lancé la procédure d'inscription. Pour moi, faire don de sa moelle osseuse est un engagement citoyen, un moyen facile d'entraide, même si on n'a pas d'argent et peu de temps.

Comment votre don s'est-il passé?

Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Pour être inscrit, j'ai fait une prise de sang et rencontré un médecin, qui m'a interrogé sur mon état de santé. Puis en août 2013, j'ai été contacté parce qu'une personne en attente de greffe correspondait à mon profil génétique. J'étais très content et surpris aussi de la rapidité avec laquelle on m'a appelé. Lors de l'inscription, on nous explique qu'il y a une chance sur un million d'être compatible avec un malade et qu'on peut très bien ne jamais être sollicité. Dès lors, il a fallu plusieurs mois avant le don et la greffe, qui ont eu lieu en décembre de la même année. Dans ce laps de temps, j'ai eu beaucoup de rendez-vous médicaux: examens sanguins, radio des poumons, entretien avec l'anesthésiste. Puis il a été décidé que le prélèvement se ferait par aphérèse.

Est-ce douloureux?

Absolument pas. Avec cette procédure, j'ai été placé sous traitement la semaine précédant le don. C'est un médicament qui facilite le passage des cellules dans le sang et qui m'a provoqué de légers symptômes grippaux, mais rien de méchant. Durant le prélèvement, qui dure entre trois et quatre heures, je n'ai ressenti aucune douleur, le plus dur finalement était de rester allongé sans bouger, c'est tout. Et puis le personnel médical s'est bien occupé de moi. Tout est bien préparé, et on est très entouré.

Que retirez-vous de cette expérience? Seriez-vous prêt à recommencer?

Pour moi, le don de moelle osseuse est une évidence, ça ne coûte rien, si ce n'est un peu de temps. Et on en retire tellement de bien, pour la personne que l'on aide mais aussi pour soi. Ça m'a fait grandir et réfléchir. Quand on s'engage, on a l'impression d'être un peu seul, mais le don ne se limite pas à soi, ça embarque beaucoup de gens. J'en discute avec ma famille, mes amis et aussi sur les réseaux sociaux. Si certains de mes proches avaient quelques craintes quand je leur ai annoncé que j'allais donner ma moelle, aujourd'hui ils sont convaincus. Depuis, certains d'entre eux se sont aussi inscrits sur le registre des donneurs et d'autres donnent leur sang. Les chances de retrouver quelqu'un de compatible sont minces, mais je serais prêt à recommencer demain et pourquoi pas, à aller plus loin en donnant un rein de mon vivant par exemple.