Le changement d'heure sert-il à quelque chose? Ségolène Royal veut vérifier

ENERGIE La ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie va lancer une étude pour vérifier l'impact économique du changement d'heure...

Anissa Boumediene

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La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal pourrait revenir sur le changement d'heure dès 2016.
La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal pourrait revenir sur le changement d'heure dès 2016. — Martin Bureau AFP

Le changement d'heure vit-il ses derniers instants? Alors que ce dimanche, la France se réveille après avoir dormi une heure de moins, Ségolène Royal relance la polémique sur l'intérêt du passage à l'heure d'été. La ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a annoncé sur son compte Twitter le lancement d'une étude de l'impact économique et énergétique du changement d'heure.

Un intérêt discuté

Instauré en France au lendemain du choc pétrolier pour réaliser des économies d’énergie, le changement d’heure a vocation à faire correspondre les heures d'activité aux heures d'ensoleillement, pour ainsi limiter l'utilisation de l'éclairage artificiel. Mais le dispositif a de nombreux détracteurs, qui doutent de son efficacité.

Dans son dernier rapport, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) indique que la mesure a permis en 2009 d’économiser 440 GWh en éclairage, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 800.000 ménages, et évité l'émission de 44.000 tonnes de CO2.

Mais le dispositif plait moyennement aux Français, qui sont 58% à estimer que le changement d’heure ne permet pas de réaliser de réelles économies. La Commission européenne n’est pas non plus très convaincue, considérant que les économies réalisées sont relativement limitées. D'ailleurs, Chine, Algérie et Russie ont renoncé à l'heure d'été. Et dès 1997, un rapport du Sénat pointait dans une étude «que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations».

Fini en 2016?

En plus des doutes sur son efficacité, le changement d'heure est également dans le collimateur des chronobiologistes, qui pointent du doigt ses méfaits sur la santé, notamment celle des plus fragiles. Les amateurs de longues soirées ensoleillées, eux, regretteraient peut-être l'heure d'été, généralisée dans l'Union Européenne depuis 1998, et qui pourrait disparaître en France dès 2016.

Sur le réseau social, Ségolène Royal explique que son ministère «va vérifier la justification et rendra publics les résultats pour décider de l'opportunité l'année prochaine», avant de «lancer un débat».

En clair, si la mesure n'est plus jugée utile, dès l'année prochaine, durant le dernier dimanche de mars, à deux heures, il sera deux heures, et non plus trois.