Le manque de sommeil augmente les risques d'obésité

SANTE L'étude «Sommeil et nutrition» INVS/MGEN confirme la corrélation entre un excès de poids et une courte durée de sommeil...

Anissa Boumediene

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Une jeune femme obèse.
Une jeune femme obèse. — Jeff Haynes afp.com

Nuits trop courtes et bonne santé ne font pas bon ménage. Mais ce que l'on sait moins, c'est que le manque de sommeil a un impact direct sur notre courbe de poids, et augmente les risques d'obésité. C'est ce que démontre l'étude annuelle* de l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) réalisée avec la MGEN sur près de 50.000 internautes et présentée à l'occasion de la 15e Journée du sommeil du 27 mars.

Comportement alimentaire et métabolisme perturbés

En cas de manque de sommeil, c'est toute une mécanique interne du corps qui se grippe. Quand on est fatigué, on a tendance à grignoter, surtout des aliments riches en sucres ou en graisses. Mais le grignotage n'est pas le seul responsable de la prise de poids provoquée par la fatigue. «Si on ne respecte pas son sommeil, le comportement alimentaire et le métabolisme sont perturbés», explique le Dr Joëlle Adrien, présidente du conseil scientifique de l'INSV. En clair: non seulement on mange plus et mal, mais l'organisme est moins capable de métaboliser les graisses, qu'il va davantage stocker.

«Le slogan "Manger-Bouger" promu par le Programme Nationnal Nutrition Santé (PNNS) est bien, mais il faudrait y ajouter "Dormir" pour qu'il soit complet», insiste le Pr Damien Léger, président de l'INSV. Les risques d'obésité sont plus élevés chez les petits dormeurs (de 50% chez les hommes et de 34% chez les femmes). Pourtant, près d'un tiers des Français dorment moins de six heures par nuit, et 20 % de la population française souffre d'insomnie. Or, «il faut dormir au moins sept heures par nuit et, si besoin, faire une sieste», préconise le spécialiste.

«La relation entre le sommeil et la nutrition est à double sens»

«La relation entre le sommeil et la nutrition est à double sens, indique le Dr Joëlle Adrien. Si on s'alimente bien, le sommeil est meilleur et si on dort mieux, on se rue moins sur les aliments qui font prendre du poids». De plus, le manque de sommeil a aussi tendance à augmenter les risques d'hypertension et de diabète». La solution à cette dette de repos vient peut-être de la sieste. Vingt minutes suffisent pour un effet réparateur au niveau cardiovasculaire et du métabolisme.

Dans l'autre sens, une bonne alimentation favorise un bon sommeil, comme l'ont démontré de précédentes études. «Si on prend du café en fin de journée ou si on fait un dîner trop riche, le sommeil sera perturbé», indique la chercheuse. Donc on y va mollo sur le café, qu'on arrête de boire à partir de 15 h, et on zappe viande rouge et aliments gras au dîner, qu'on évite de prendre trop tard pour enfin dormir comme un bébé.

* Enquête INSV/MGEN «Sommeil et nutrition», dans le cadre de NutriNet-Santé, menée auprès de 49.086 Nutrinautes, 37.846 femmes et 11.240 hommes, de janvier à juin 2014.