Burn-out: 3,2 millions de salariés français pourraient en souffrir

RAPPORT Un rapport officiel, qui identifie et précise les causes professionnelles du burn-out, est sorti mais n'a jamais été publié...

20 Minutes avec agence

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Illustration sur le stress et la dépression au travail.
Illustration sur le stress et la dépression au travail. — CLOSON/ISOPIX/SIPA

Urgence de santé publique, le burn-out ou syndrome d'épuisement professionnel menacerait 3,2 millions de salariés en France. Reprise par toute la presse quotidienne régionale ce matin, l'étude, menée par Technologia, un cabinet spécialisé dans la prévention des risques professionnels, remet la question de la reconnaissance du burn-out sur le tapis.  

Le syndrome, qui engendre «déprime» et arrêts maladies prolongés, peut parfois pousser jusqu'au suicide. Jean-Claude Delgènes, patron de Technologia parle, lui, d'une «centaine de suicides sur des lieux de travail» traités, depuis plusieurs années par sa société. Selon lui, plus d'un tiers d'entre eux seraient liés au burn-out.

Une pétition à plus de 9.000 signatures

En janvier 2014, une pétition (qui a recueilli plus de 9.000 signatures) avait été lancée pour sensibiliser et favoriser la prévention autour du burn-out. L'objectif, à terme, était d'inscrire le burn-out au tableau des 112 maladies professionnelles reconnues. Depuis, un rapport officiel qui identifie et précise les causes professionnelles du burn-out, est sorti, mais n'a jamais été publié. Dans le même temps, une proposition de résolution reconnaissant les «risques psychosociaux» du burn-out a été adoptée, en juillet 2014 par le Sénat.

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Malgré cela, le débat sur la reconnaissance professionnelle est toujours en suspens: en décembre dernier, une trentaine de députés s'est saisie de la question en publiant une tribune. Contacté mercredi, le cabinet du ministre du Travail, affirme que «les préconisations du groupe de travail devraient être remises au ministre vers la fin du mois de juin», rapporte Le Progrès. Le ministère de la Santé, également compétent, ne paraît pas plus pressé. «Nous ne savons pas à qui nous adresser», constate la députée Marie-Françoise Bechtel. 

Des députés demandent la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle

Son espoir est que la publication de ce rapport réveille enfin le gouvernement. Et l'affaire est urgente: selon une enquête parue en 2014, un salarié sur quatre déclare avoir subi, au cours de sa carrière, un problème psychologique grave comme une dépression ou un burn-out.