Pourquoi les vaccins pour bébés sont-ils en rupture de stock?

PEDIATRIE Pour les parents, c'est la galère...

Anissa Boumediene

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Illustration d'un bébé en train de se faire vacciner.
Illustration d'un bébé en train de se faire vacciner. — P.VERDY / AFP

Rupture de stock. Trois petits mots, mais pour de nombreux parents qui attendent de pouvoir faire vacciner leur bébé, ils sont synonymes de stress, de colère et d'incompréhension. Depuis plusieurs mois, les vaccins Infanrix Quinta® (Laboratoire GSK) et Pentavac® (Laboratoire Sanofi-Pasteur MSD) sont aux abonnés absents dans les pharmacies.

Pénuries de vaccins obligatoires et recommandés

Le problème, c'est que ces injections contiennent les trois vaccins obligatoires, les fameux DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite), qui doivent être administrés aux bébés dès l'âge de deux mois. Sans compter que ces vaccins sont combinés à ceux contre la coqueluche et l'haemophilus influenzae de type b, qui eux ne sont pas obligatoires, mais fortement recommandés dans le cadre du calendrier vaccinal.

La cause de cette rupture de stock: la valence coqueluche contenue dans ces vaccins combinés, dont la demande mondiale a explosé.

Même scénario pour le BCG, qui est aussi en pénurie. Ce vaccin contre la tuberculose, qui n'est plus obligatoire en France mais reste recommandé, est en quasi-rupture de stock depuis le mois de novembre à cause d'un problème sur la chaîne de production.

Faire avec les vaccins disponibles

Pour les parents qui attendent de faire vacciner leur bébé, l'inquiétude domine et les solutions sont peu nombreuses: s'ils veulent que leur enfant soit vacciné, ils doivent faire avec les seuls vaccins disponibles en officine. C'est d'ailleurs ce que recommande le Haut Conseil de la Santé Publique, qui a proposé fin février d'adapter de manière «transitoire» la stratégie vaccinale pour faire face aux «tensions d'approvisionnement».

«La vaccination du nourrisson telle que prévu au calendrier des vaccinations est maintenue avec l'utilisation du vaccin hexavalent (Infanrix Hexa®)», préconise la direction générale de la santé. Un autre vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, mais pas que. Comme ses cousins en rupture de stocks, ce vaccin protège contre la coqueluche, mais aussi contre l'hépatite B. Ce qui n'est pas du goût de tous les parents. Certains d'entre eux ne souhaitent pas que leur enfant reçoive ce vaccin soupçonné de provoquer la sclérose en plaques, bien que le lien de cause à effet ne soit pas avéré.

Encore plusieurs mois d'attente

La situation n'est a priori pas près de s'améliorer, puisqu'il faut jusqu'à dix-huit mois pour produire les trois vaccins obligatoires. Le ministère de la Santé prévoit pour les vaccins combinés contenant la valence coqueluche des «tensions d’approvisionnement sur l’ensemble de l’année 2015 avec possibilité de ruptures de stock ponctuelles».

Et pour obtenir le vaccin BCG, qui connaît lui aussi des tensions d'approvisionnement, ce n'est pas simple non plus. Depuis la mi-janvier, la distribution est contingentée uniquement auprès des centres de PMI et des Centres de Lutte Antituberculeuse (CLAT). Le retour à la normale de sa distribution, initialement annoncé pour le mois de février, n'est pas prévu avant le mois de juin.