Prothèses mammaires PIP: La faible indemnisation des 4.500 victimes françaises

JUSTICE Elles recevront en moyenne 654 euros, selon un communiqué publié mercredi…

C.P. avec AFP

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Illustration de l'assureur Allianz.
Illustration de l'assureur Allianz. — Armin Weigel/AP/SIPA

Le chiffre était très attendu depuis janvier, il risque de décevoir. Allianz, l'assureur de Poly Implant Prothèse (PIP), ex-fabricant varois au cœur d'un scandale sanitaire, a annoncé ce mercredi dans un communiqué qu’il allait indemniser 4.500 victimes françaises.

4.489 victimes éligibles

«Comme nous l'avions anticipé, la couverture assurantielle demeure insuffisante pour apporter une réponse à la hauteur des préjudices subis par les victimes PIP», souligne l'assureur.

Allianz France avait ouvert un dispositif d'indemnisation fin janvier à la suite d'une décision judiciaire l'obligeant à indemniser le préjudice subi par les porteuses de prothèses mammaires, sur la base d'un plafond de garantie contractuelle de trois millions d'euros.

Plus de 15.000 connexions ont été enregistrées sur le site internet ouvert pour l'occasion et plus de 2.500 appels ont été reçus sur le numéro vert mis à disposition. Au final 4.489 victimes se sont manifestées et rendues éligibles à ce dispositif d'indemnisation.

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Indemnité variable selon le préjudice

«Le montant de la garantie d'assurance restant disponible pour les indemniser est de 2.937.667 euros (...) déduction faite du montant de 62.333 euros au titre des indemnités qu'Allianz IARD a déjà dû régler suite à des décisions de justice antérieures à la mise en place du dispositif», précise l'assureur.

Les premières propositions d'indemnisation ont été envoyées lundi aux victimes. Leur montant varie en fonction du préjudice subi pour une moyenne de 654 euros.

«Cette situation, liée à l'ampleur du scandale PIP, est susceptible de se présenter à nouveau pour d'autres risques sanitaires portant sur des produits médicaux», prévient Allianz.

«Il est donc nécessaire que l'ensemble des acteurs (les pouvoirs publics, les professionnels de la santé, les fabricants de dispositifs médicaux, les assureurs) nourrissent une réflexion commune pour éviter qu'une telle affaire ne se répète», estime-t-il.