Cancer: La chimiothérapie à domicile plébiscitée par les malades

ETUDE En 2013, en France, près de 300.000 patients ont été traités par chimiothérapie...

20 Minutes avec agences

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Sa chimiothérapie a débuté fin mai pour 9 mois, elle passera le bac en septembre et prévoit déjà "une année sabbatique". "Pas le choix", dit la jeune fille. Au centre anti-cancer de Lyon, la lutte contre le "risque de l'isolement social" des 15-25 ans est devenue un enjeu majeur.
Sa chimiothérapie a débuté fin mai pour 9 mois, elle passera le bac en septembre et prévoit déjà "une année sabbatique". "Pas le choix", dit la jeune fille. Au centre anti-cancer de Lyon, la lutte contre le "risque de l'isolement social" des 15-25 ans est devenue un enjeu majeur. — Jean-Philippe Ksiazek afp.com

La Haute Autorité de Santé (HAS), organisme public indépendant chargé de réaliser des évaluations et recommandations en matière de soins, relève, dans un rapport publié ce lundi, que la chimiothérapie à domicile pour le traitement des cancers «est une activité encore peu développée et très inégalement répartie sur le territoire français». Une pratique, qui pourrait se développer en particulier si son mode de remboursement était plus «incitatif».

Pour l'année 2012, la HAS comptabilise ainsi un peu moins de 17.000 chimiothérapies à domicile et 3.472 patients traités, soit une très faible portion du nombre total de malades ayant subi une chimio (près de 300.000 en 2013).

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Une pratique « méconnue des médecins»

Pourquoi? Parce que la chimiothérapie à domicile est surtout pratiquée pour les traitements contre des leucémies et lymphomes (61% des cas) et, dans une moindre mesure, pour les femmes atteintes de cancer du sein (14%). Mais, surtout, parce que cette pratique «reste marginale et méconnue des médecins prescripteurs et des patients», relève la HAS, alors que les malades semblent plébisciter la formule.

Pourtant, toujours selon le rapport de la HAS, les questionnaires remplis par les patients concernés montrent un «niveau très élevé de satisfaction», avec un confort accru lié à l'absence de déplacement. Sachant notamment, qu'en matière de sécurité, les chimios à la maison sont aussi sûres que celles pratiquées à l'hôpital même si cette activité est «complexe à mettre en place au niveau médical et logistique» et nécessite une «forte mobilisation» des infirmiers.

Combler les inégalités et trouver un modèle tarifaire attractif

La HAS, qui souligne que ce type de chimio aurait parfois l'avantage d'être moins coûteuse pour l'Assurance maladie, recommande ainsi de «combler avant tout les inégalités régionales» dans l'accès à la chimio à domicile et de la développer dans toutes les régions où elle est encore absente ou très peu pratiquée.

Parallèlement, l'Autorité préconise de «renouveler le modèle tarifaire» pour «inciter au développement» des chimios à domicile. Il s'agit de rendre plus attractif financièrement pour les hôpitaux le transfert de leurs malades vers les structures de HAD (hospitalisation à domicile) qui sont compétentes pour réaliser les chimiothérapies à domicile.