Cancer: Les prothèses mammaires de nouveau soupçonnées

SANTE Les cas de lymphomes se sont multipliés ces derniers mois...

N.Beu.

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Prothèse mammaire (illustration).
Prothèse mammaire (illustration). — DURAND FLORENCE/SIPA

Les prothèses mammaires peuvent-elles provoquer des cancers? Le Parisien pose une nouvelle fois la question ce mardi matin en évoquant les interrogations croissantes des experts, alors que les cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) ont augmenté ces dernières années.

En trois ans, cette tumeur a en effet touché 173 femmes dans le monde et 18 rien qu’en France, selon le quotidien, qui cite un rapport de l'Institut national du cancer (INCa). Un chiffre qui a accéléré en 2014. Parmi ces 18 cas de lymphomes, 14 seraient le fait du laboratoire Allergan. Pourtant, les inspections menées depuis l’affaire PIP n’ont rien montré de significatif. Interrogée par Le Parisien, l’entreprise se défend et met en avant «sa plus totale transparence sur le sujet».

«Il existe un lien clairement établi entre la survenue de cette pathologie et le port d'un implant mammaire», expliquent les experts dans le rapport de l'INCa. Mais ceux-ci ajoutent que «la fréquence de cette complication est cependant très faible». Le lien entre ce cancer et les implants mammaires n'est par ailleurs pas nouveau puisque c'est la découverte d'un tel cancer chez une femme porteuse d'une prothèse de marque PIP qui avait déclenché l'alerte sanitaire visant ce fabricant du sud-est de la France en novembre 2011.

Réunion décisive à l'ANSM

De part et d’autres de l’Atlantique, les médecins sont en tout cas en alerte. La direction générale de la Santé (DGS) a mis en place un plan d’action en accord avec la Food and Drugs Administration (FDA) américaine. Le 10 mars, une lettre a été adressée à tous les médecins pour leur demander de «repérer les signes» qui doivent alerter les patientes. «Les professionnels de santé doivent être beaucoup plus vigilants face à ce risque. Les femmes porteuses d'implants doivent être examinées par un praticien tous les ans», explique au Parisien le directeur de la DGS, le professeur Benoît Vallet.

Dans dix jours, une réunion décisive doit avoir lieu à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Si les experts demandaient l’interdiction des prothèses mammaires, celles-ci pourraient alors être interdites. «Nous sommes particulièrement vigilants sur le suivi de l'affaire des prothèses mammaires, car c'est la santé des femmes qui est en jeu», déclare au Parisien François Hébert, directeur général adjoint de l'ANSM. D'après lui, «il y a eu un premier cas [de ce cancer] en 2011, deux en 2012, quatre en 2013 et onze en 2014. Une personne est décédée.»

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a convoqué mardi matin une conférence de presse «sur la surveillance des femmes porteuses d'implants mammaires en France» pour la mi-journée au ministère, à Paris.