Etiquetage nutritionnel: La contre-attaque de la grande distribution

CONSOMMATION Les enseignes s'opposent à la ministre de la Santé, qui veut mettre en place un système de codes couleurs...

Ag. C. avec AFP
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Dans un supermarché à Paris
Dans un supermarché à Paris — Joel Saget AFP

La guerre des étiquetages est déclarée. Les enseignes de la grande distribution préparent leur système d'étiquetage nutritionnel des aliments pour leurs marques propres, en parallèle de celui proposé par la ministre de la Santé Marisol Touraine dans son projet de loi.

Fréquence de consommation des aliments

La FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) prépare un étiquetage basé sur un code couleur associé à la fréquence de consommation des aliments. Ainsi un aliment aux qualités nutritionnelles jugées optimales sera étiqueté d'une flèche verte, recommandant une consommation quotidienne. A l'inverse, un aliment à l'équilibre nutritif plus discutable sera pourvu d'une flèche violette, recommandant une consommation occasionnelle.

A terme, ce code couleur pourrait être apposé sur les produits à la marque du distributeur, qui représentent un tiers à la moitié des ventes dans les chaînes de magasins. Les distributeurs veulent s'entendre avec les industriels, vent debout contre le projet de la ministre de la Santé. «Les industriels se sont déjà déclarés prêts à travailler avec nous sur cet étiquetage alternatif», affirme la FCD.

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Le risque de «stigmatiser» certains produits

Marisol Touraine veut remplacer l'étiquetage actuel -reposant en grande partie sur une information chiffrée autour des différents nutriments (glucides, protéines, lipides)- par un système unifié autour de codes couleurs. Celui-ci sera facultatif et devrait être mis en place dans le cadre du projet de loi Santé, dont l'examen parlementaire commence mardi.

La FCD estime que l'étiquetage prévu par la ministre «ne semble pas être le plus pertinent, et qu'il stigmatise certains produits». «Aujourd'hui, une bonne alimentation ne fonctionne pas en excluant tel ou tel aliment, il faut davantage raisonner par portion et fréquence de consommation», estime la FCD, qui rassemble la quasi-totalité des distributeurs alimentaires français (Carrefour, Casino, Auchan, Système U...), à l'exception de Leclerc et Intermarché.

Ce nouvel étiquetage sera lancé en phase de test dans les magasins «d'ici les prochains mois » sur plusieurs gammes de produits à marques distributeur. «Notre objectif est que ce système soit déployé d'ici la fin de l'année», prévoit la FCD. L'UFC-Que Choisir s'est réjoui lundi de l'initiative de la FCD qu'elle juge « très encourageante ».