Régime sans gluten: «Je ne suis pas malade cœliaque mais je m'en moque, je vais mieux»

VOUS TÉMOIGNEZ Intolérants ou non au gluten, ces internautes ont révolutionné leur manière de se nourrir. Sans regrets...

Christine Laemmel

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Une allée de produits sans gluten dans un supermarché aux Etats-Unis
Une allée de produits sans gluten dans un supermarché aux Etats-Unis — Flickr cc @ilovememphis

Bien sûr il y a les malades cœliaques. 1% des Français sont reconnus comme intolérants manifestes au gluten. A l'instar de Morgane, internaute diagnostiquée au hasard d'un soupçon de diabète, à 17 ans, «âge un peu rebelle pour arrêter de manger du blé», relève-t-elle sept ans plus tard. Ou Laetitia, «contrainte et forcée» en 2002 à s'y résoudre, après avoir atterri sur un lit d'hôpital. Et puis il y a les autres, les ballonnés, les constipés, le ventre «de femme enceinte de six mois» de Béatrice après certains repas, les remontées acides de Rachel. Ceux-là ne sont pas malades, du moins pas du point de vue de leur médecin traitant. Certains ont fait le test, d'autres s'en moquent. «Mon ventre jamais été aussi plat», se félicite simplement Béatrice. 

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«Jauger moi-même l'impact du sans gluten»

Cette consultante en «art de vivre» est tombé dedans au boulot, en travaillant avec des marques essayant de se nicher dans le sans gluten. «Je serre la pince d’un sympathique Novak Djokovic [qui assure être devenu numéro 1 mondial grâce à l'arrêt du gluten], j'organise des ateliers culinaires et je suis à l'affût du moindre article, se souvient Béatrice. En moins de deux ans, le gluten passe du "kezako" à l’évolution de l’agriculture. Le gluten interroge le monde…et moi.» Cernée par la problématique et sujette à des troubles de la digestion, elle tente de retirer les pâtes et le pain de ses repas, «pour jauger [elle]-même l’impact».

L'automédication est le parfait pendant de la mouvance du sans gluten. Des maux de ventre, gênants mais pas toujours handicapants, des conséquences esthétiques, voire des effets sur le système digestif dont les Français sont réticents à parler, on tient le cocktail gagnant. «Ma mère souffrait de maux de ventre, raconte Martine, j'ai fait des recherches sur le Net. J'ai vu que mes symptômes pourraient peut-être être aussi soulagés par ce régime.» Bingo. Après un mois sans gluten, voyant les signaux s'évanouir, elle demande à son médecin de rechercher si elle est atteinte de la maladie cœliaque. Le test se révèle négatif. «Mais au fond, je m'en moque, je vais mieux!».

«Manger plus sainement, inévitablement»

Rachel, qui a perdu une dizaine de kilos au passage, ne dira pas le contraire. «Ça m'a un peu obligée à faire plus attention, j'ai réintroduit beaucoup de fruits et de légumes dans mes repas.» Choisir de ne plus manger de gluten, c'est accepter de révolutionner son quotidien. Cesser d'ingurgiter du pain blanc, des biscuits industriels, des pâtisseries, des pâtes, des hamburgers, des pizzas. Voire de la charcuterie et certains assaisonnements comme la sauce soja dans laquelle vous trempez vos bien-aimés sushis. Pour les «no glu», deux solutions se présentent: investir dans des baguettes de pain à 3 euros au rayon spécialisé ou se mettre à cuisiner. «Inévitablement, on en vient à réfléchir à comment se nourrir plus sainement, en excluant les plats tout faits. Les effets sont donc doublement positifs. Mais quelle est la réelle part du "sans gluten"?» Résiduelle pour Béatrice, qui ne se prive pas de pâtes blanches au resto italien. Ecrasante, répondraient les plus atteints, qui remercient au passage l'effet de mode sur les allées du supermarché.